January 4, 2026

"Personne ne nous attendait" Avec le Bénin, ce licencié du TT Pays Gaillacois a créé la surprise

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Entraîneur au TT Pays Gaillacois, Mouyassir Gafarou s’est qualifié pour les championnats du monde par équipes avec le Bénin.

À 26 ans, Mouyassir Gafarou a déjà un parcours singulier. Arrivé en France en mars 2024, il vit à Gaillac où il entraîne et continue de jouer. Originaire de Cotonou, au Bénin, il découvre la discipline grâce à son père. Elle devient rapidement sa passion. Le déclic vient d’un désir d’ailleurs. “Je voyais mes amis voyager avec la sélection, je voulais progresser juste pour ça : le voyage”, relate l’intéressé.

L’entraîneur du TTPG espère voir Londres en mai.
L’entraîneur du TTPG espère voir Londres en mai.
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Depuis tout jeune, son parcours s’est construit par le voyage : au Togo pour des stages, au Nigeria à trois heures de route pour de longues semaines d’entraînement pendant les vacances, et deux expériences en Chine, dont deux mois à Hangzhou en 2018. “Voyager est ma deuxième école. Chaque pays te laisse quelque chose, même dans le jeu.”

Dans un pays où le tennis de table compte moins de 500 licenciés, il s’entraîne trois fois par semaine, souvent dans la rue. Champion national à deux reprises en minime, cadet et junior, il se heurte ensuite au cap seniors : “Je terminais souvent 4e aux championnats nationaux. Quand tu montes, les ténors te bloquent.”

“La différence n’est pas une barrière mais est une identité”

En sélection, il est appelé dès 2011 chez les jeunes, puis intègre le groupe seniors 11 ans plus tard. L’été 2025 change tout : barrages à Lagos, repêchage, puis phase finale à Tunis, où le Bénin décroche sa qualification pour les Championnats du monde par équipes. “Personne ne nous attendait. C’était un moment incroyable, une qualification collective avant tout”, se remémore-t-il avec émotion.

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Si le Bénin est qualifié pour les Mondiaux à Londres (28 avril au 10 mai 2026), Mouyassir n’est pas certain d’y participer. La concurrence interne s’intensifie. “Je fais partie du groupe, mais rien ne dit que je serai aligné, avance-t-il. Les jeunes poussent fort. C’est une chance pour le pays, mais pour moi, c’est l’incertitude. Si je dois être au Mondial, ce sera parce que je l’aurai mérité à la table.”

Dans le Tarn, il s’entraîne trois fois par semaine, souvent au robot, et rejoint Albi le jeudi soir pour des séances dirigées avec des joueurs mieux classés. Se confronter à la difficulté est essentiel. Comme lors de son arrivée en France : “Les premiers mois ont été durs à cause du climat, de la routine, la famille qui manque, les regards parfois différents. Mais j’ai compris que la différence n’est pas une barrière, mais une identité.”

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