January 3, 2026

"Grok, enlève-lui ses vêtements" : le gouvernement français saisit l’Arcom après la multiplication de contenus à caractère sexuel non consentis, sur X

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L’intelligence artificielle Grok, intégrée au réseau social X, est au cœur d’une polémique. Elle permet de dénuder des personnes sur des photos, entraînant une sexualisation non consentie. Le gouvernement français a saisi l’Arcom pour enquêter.

Depuis quelques jours, l’intelligence artificielle Grok, intégrée au réseau social X, suscite de vives réactions. Une simple requête permet désormais de retirer les vêtements d’une personne sur une photographie. Cette fonctionnalité entraîne une sexualisation non consentie touchant les femmes ainsi que les enfants.

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La haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, s’est déclarée “scandalisée par les requêtes adressées à #GrokAI de dénuder des filles et femmes”. Elle a affirmé que “si l’image est artificielle, le préjudice est bien réel”. Les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé ont également dénoncé les dérives de l’outil développé par Elon Musk.

“L’espace numérique n’est pas une zone de non-droit”

Dans un communiqué transmis à la presse, l’exécutif condamne avec la plus grande fermeté la génération et la diffusion de ces contenus à caractère sexiste et sexuel. “Le gouvernement rappelle que les atteintes commises en ligne constituent des infractions pénales au même titre que celles commises hors ligne. Il souligne que l’espace numérique n’est ni une zone de non-droit, ni une zone d’impunité”.

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Le juriste Nicolas Hervieu, spécialiste à Sciences Po, rappelle, sur X, que la loi française punit de tels actes. Le fait de créer un montage à caractère sexuel sans le consentement d’une personne, via un traitement algorithmique, est passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende. Malgré l’interdiction de la nudité dans les conditions d’utilisation de Grok, les contenus pornographiques se multiplient sur la plateforme.

Première bonne résolution 2026 pour celles & ceux qui déshabillent des personnes avec l’IA (avant de tout publier en ligne) :

Lire le code pénal. pic.twitter.com/EwgTIlDVge

— Nicolas Hervieu (@N_Hervieu) January 1, 2026

Le réseau social X avait par ailleurs introduit l’été dernier un “mode épicé” autorisant la nudité partielle des adultes, comme le rappelle Le Monde. Face à la situation actuelle, le gouvernement français a saisi l’Arcom. Cette saisine vise d’éventuels manquements de l’entreprise à ses obligations découlant du Digital Services Act, notamment concernant la prévention des risques liés aux contenus illicites.


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