Une représentation du Wiktionnaire : un livre aux pages en puzzle, à droite, avec des lettres dans différents alphabets MINH NGUYEN / WIKIMEDIA COMMONS / CC BY
Moins connu que Wikipédia, le Wiktionnaire fait partie de la galaxie des projets collectifs soutenus par la fondation Wikimedia, organisme américain à but non lucratif. Il compte actuellement 6,8 millions d’entrées en français, portant sur 2 millions de mots français et d’autres dans plus de 5 000 langues. Ce dictionnaire collaboratif créé en 2004, trois ans après Wikipédia, fonctionne suivant les mêmes principes : libre et gratuit, il peut être amélioré et enrichi par tout le monde. 280 personnes en moyenne mensuelle contribuent à sa branche en français.
Comme en 2024, la communauté du Wiktionnaire a débattu en décembre 2025 pour déterminer des mots qui ont marqué l’année écoulée, et publié le résultat de ses échanges : le mot gagnant est « trumpisation », « un terme bâti sur le nom de famille du président étasunien Donald Trump pour dénoncer une façon de faire de la politique et les changements politiques soudains et désorganisateurs qui ont mis à mal la paix mondiale et le bon fonctionnement des administrations publiques. Au-delà de la situation aux États-Unis, c’est une manière de décrire la phase suivant la post-vérité. »
« Le Nouvel Obs », comme beaucoup de médias, l’emploie abondamment : on le retrouve dès 2016 sous la plume de Pierre Haski, qui relève que cette expression est utilisée de toutes parts « pour dénoncer la démagogie et la vulgarité ».
Des termes souvent adoptés dans « le Nouvel Obs »
Parmi les autres mots choisis par les participants au vote (52 voix exprimées), on trouve entre autres :
- « Bollorisation » : « Connu pour ses nombreux procès contre des médias publiant sur ses activités, le patron de cette multinationale incarne le symbole de la centralisation des pouvoirs et de l’usage militant des médias de masse pour la diffusion d’idées politiques associées à l’extrême-droite. » On retrouve le mot dans nos pages web ou papier : ainsi dans un texte des députés du Nouveau Front Populaire Clémentine Autain, Alexis Corbière et Sophie Taillé-Polian (groupe écologiste et social) ou à propos de la « bollorisation » de Bernard Arnault pointée par des journalistes aux « Echos ».
- « Ecoanxiété » : le terme « a été très employé cette année de par les nombreuses catastrophes écologiques, et comme une manière de décrire le climat anxiogène qui se développe face à l’inaction politique au sujet de la pollution et de la dégradation des milieux naturels ». Là encore, très utilisé au « Nouvel Obs », notamment à propos de santé mentale.
- « Gorafisation » : « avec des situations si absurdes qu’elles semblent inventées par un journal parodique tel que le Gorafi », le terme dénonce souvent « la radicalisation des politiques, le manque de dignité ou de bon sens de certaines figures médiatiques ». Une unique apparition chez nous semble-t-il.
- « Slop » : « Un terme relatif à la vie numérique et au développement de l’intelligence artificielle générative : la production croissante et massive de contenus erronés ou de piètre qualité nuit de plus en plus aux recherches en ligne. Cette production est comparée une matière résiduelle poisseuse, décrite avec un mot anglais désignant des déchets maritimes issus du pétrole. »

