Le gouvernement gabonais entend mettre Pierre-Emerick Aubameyang, attaquant vedette de l’équipe, ainsi que Bruno Ecuele Manga, à l’écart de la sélection des Panthères. Une séquence, diffusée, supprimée d’Internet, puis de nouveau publiée… L’épisode renforce le sentiment de chaos qui entoure l’équipe.
Quand la crise footballistique vire à l’affaire d’État. Ce jeudi 1er janvier, les premières heures de l’année 2026 sont douloureuses pour tous les fans de foot au Gabon. Le gouvernement, par la voix du ministre des Sports, a annoncé en direct à la télévision de très lourdes sanctions contre plusieurs membres de l’équipe nationale, piteusement éliminée de la Coupe d’Afrique des nations qui se tient en ce moment au Maroc (jusqu’au 18 janvier).
La sélection gabonaise a été éliminée dès le premier tour, finissant bonne dernière de son groupe (F) avec zéro point au compteur : trois défaites face au Cameroun (1-0), au Mozambique (2-3) et à la Côte-d’Ivoire (3-2 après avoir mené 2-0). Conséquence : le gouvernement a décidé de prendre en main la gestion post-crise.
À lire aussi :
CAN 2025 : “Je me retrouve sans effet personnel !” Le coup de gueule d’une star du football africain dont les valises ont disparu
Simplice-Désiré Mamboula, ministre des Sports, a ainsi annoncé des sanctions, en direct sur Gabon Télévisions. “Compte tenu de la prestation déshonorante des Panthères à la CAN, le gouvernement décide de la dissolution du staff technique, de la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre, de la mise à l’écart des joueurs Bruno Ecuele Manga et Pierre-Emerick Aubameyang”, a-t-il déclaré, sanctionnant ainsi les entraîneurs mais aussi deux joueurs, cadres de l’équipe, respectivement forts de 118 et 86 sélections.
Gabon : le gouvernement dissout le staff des Panthères et suspend la sélection
Le gouvernement gabonais a annoncé ce mercredi, dans un communiqué lu en direct à la télévision, une série de mesures fortes à la suite de la « prestation déshonorante » des Panthères lors de la CAN. pic.twitter.com/nOzZt3vwR9
— AFC Sports (@afcsportsmag) January 1, 2026
Problème, comme l’ont noté plusieurs médias locaux : la séquence a ensuite disparu des réseaux sociaux. “Comment une décision présentée comme gouvernementale peut-elle s’évanouir sans explication ?” s’interrogent ainsi le média Gabon News. “Ce retrait nourrit immédiatement plusieurs interrogations : hésitation politique, crainte d’une ingérence contraire aux règles de la CAF ou de la FIFA, ou simple défaut de coordination au sommet de l’État ? En l’absence de clarification officielle, la sanction paraît suspendue elle-même, flottant entre déclaration d’autorité et communication mal maîtrisée.”
À lire aussi :
CAN 2025 : l’histoire derrière le supporter “statue” qui reste totalement immobile pendant tous les matchs de la RDC
Quelques heures plus tard, toutefois, l’annonce est de nouveau apparue, notamment sur les réseaux sociaux officiels (Facebook) du gouvernement, semblant indiquer que ces sanctions étaient bel et bien valables.
Le parcours de la sélection à la CAN relevait d’un enjeu national. Comme le note Ouest-France, le sort de l’équipe avait été évoqué jusqu’en Conseil des ministres, mercredi 31 décembre, avant l’ultime et décisive rencontre contre la Côte-d’Ivoire. “C’est une part de l’identité nationale qui s’en trouve fragilisée”, avait ainsi avancé Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République du Gabon. “L’équipe nationale met en évidence deux problématiques majeures qui traduisent, en réalité, des manquements structurels persistants : l’absence de méthode et la dispersion des ressources.”
À lire aussi :
Algérie-RDC : “Il va y avoir des étincelles” : le chanteur Gims lance déjà le premier choc de la CAN 2025
Le Gabon, en pleine crise, ne participera pas aux huitièmes de finale de la compétition qui démarre ce samedi 3 janvier. Au programme :
Sénégal-Soudan : 3 janvier à 17 heures à Tanger,
Mali-Tunisie, 3 janvier à 20 heures à Casablanca
Maroc-Tanzanie, 4 janvier à 17 heures à Rabat
Afrique du Sud-Cameroun, 4 janvier à 20 heures à Rabat
Égypte-Bénin, 5 janvier à 17 heures à Agadir
Nigeria-Mozambique, 5 janvier à 20 heures à Fès
Algérie-République démocratique du Congo, 6 janvier à 17 heures à Rabat
Burkina Faso-Côte d’Ivoire, 6 janvier à 20 heures à Marrakech.

