À 20 heures, le chef de l’État a prononcé ses avant-derniers vœux aux Français. Une allocution sombre, pessimiste… 2027 dans un coin de la tête, il a souhaité mettre en garde les Français contre “l’air du temps”, les enjoignant à ne pas renoncer “au progrès”. Voici ce qu’il faut retenir.
“Françaises, Français, mes chers compatriotes…” Il est 20 heures lorsqu’Emmanuel Macron commence ses neuvièmes et avant-derniers vœux aux Français. Le texte, rédigé lors de ses vacances au fort de Brégançon, a été peaufiné jusqu’à la dernière minute. Le discours enregistré au tout dernier moment… C’est dire l’importance que revêt, pour le président, cette adresse.
C’est un président sombre qui est apparu à l’écran. Presque triste. L’an dernier, lors de ses vœux, Emmanuel Macron s’était félicité d’une année 2024 riche en événements marquants. La constitutionnalisation de l’IVG, les commémorations de la Libération, l’organisation des Jeux Olympiques ou encore la réouverture de Notre-Dame avaient donné l’illusion d’un pays toujours en mouvement. Cette année, pas de grands succès à mettre en avant pour masquer l’immobilisme dans lequel la dissolution a plongé le pays.
Ces dangers qui nous menacent
Le président a tenu, hier soir, à souligner la bonne santé économique du pays, mais il ne s’est pas attardé sur le sujet. Il a préféré mettre l’accent sur les dangers qui menacent notre pays. “Je vois nos propres divisions, nos doutes, la baisse de notre natalité. Je sais aussi toutes les impatiences et les colères qui montent dans notre pays”, égrène-t-il, ajoutant qu’il en partage certaines.
Il faut dire qu’il aura eu sa part de contrariétés. 2025 a été pour Emmanuel Macron l’année des renoncements. Le président a dû accepter de voir la France tourner au ralenti, paralysée par les échecs des discussions budgétaires. Il a aussi dû se résoudre à lâcher prise…
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Après avoir imposé à Michel Barnier de ne rien céder sur la réforme des retraites, il s’est vu contraint d’accepter un conclave sur le sujet et finalement une suspension pure et simple, condition indispensable pour que Sébastien Lecornu ne soit pas censuré. Or Emmanuel Macron devait à tout prix garantir l’avenir de son Premier ministre afin de couper court aux appels à sa propre démission qui se sont multipliés au cours de l’année écoulée.
“Jusqu’à la dernière seconde”
L’année 2025 a en effet aussi marqué la fin d’un mythe, celui du président inamovible. Celui-ci s’est trouvé fragilisé par la procédure de destitution initiée par LFI mais aussi par les invitations à un départ anticipé lancées par Édouard Philippe. D’où son insistance, ce soir, à tracer les contours d’une année 2026 active et utile.
Le chef de l’État s’est fendu d’une liste interminable de chantiers à mener à bien : “soutenir nos agriculteurs, renforcer encore notre économie en la simplifiant, persévérer dans nos efforts contre l’insécurité et mener sans relâche la lutte contre le trafic de drogue, simplifier l’exercice des médecins, mettre en œuvre une décentralisation radicale et répondre aux aspirations légitimes de la Corse…”
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Et d’y ajouter trois dossiers qui lui tiennent à cœur, sans entrer pour autant dans les détails : ” le service national”, “protéger nos enfants des écrans et des réseaux” et “le travail sur la fin de vie”. Comme s’il s’agissait seulement pour lui de confirmer que sa dernière année de mandat sera utile et qu’il sera encore là dans un an. Et d’assurer : “Je serai jusqu’à la dernière seconde au travail”
“Résister à l’air du temps”
Mais c’est sur une note très pessimiste que le chef de l’État a décidé de conclure son allocution, évoquant la montée du racisme et de l’antisémitisme, les dangers qui menacent l’Europe mais surtout enjoignant les Français à ne pas renoncer “au progrès”, “aux grandes découvertes scientifiques, à la place de la lecture, du beau, de la culture”. Comme si tous ces acquis, ces piliers de la Nation française, s’apprêtaient à être remis en cause.
“Je nous souhaite de résister à l’air du temps”, lance-t-il enfin dans une sorte de mise en garde ou de sombre présage. Pense-t-il aux menaces internationales ? Pense-t-il aux élections de 2027 ? Il va falloir, dit-il, “tenir bon”. Le pire n’est jamais sûr.

