SERIE : “Mon entreprise est aussi l’histoire de ma famille”. La coutellerie Fabre, ancrée à Cahors depuis 1792, incarne sept générations de savoir-faire familial. Grégory Fabre, à la tête de l’entreprise depuis 2019, perpétue cette tradition avec fierté. Le “Cadurcien”, couteau emblématique, attire les touristes en quête d’authenticité.
Hugue, Pierre, Eugène, Gaston, Jean-Mari, Jean-Michel, Grégory… Cela fait au moins sept générations que la famille se transmet de génération en génération, le savoir-faire de la coutellerie à Cahors. L’entreprise Fabre perdure dans le cœur de Cahors depuis 1792, ce qui en fait l’une des plus anciennes de la ville.
Une “évidence” de perpétuer la tradition
“J’ai baigné dedans depuis tout petit. Je restais souvent au magasin”, raconte Grégory, l’actuel patron de l’entreprise, depuis 2019. Ce dernier a repris la relève après le départ à la retraite de son père, Jean-Michel. “Quand j’ai commencé, j’ai appris sur le tas avec mon père et mon grand-père”, raconte-t-il. Pour lui, c’était une “évidence” de perpétuer cette tradition familiale et continuer de mettre en avant ce savoir-faire. “Je n’ai jamais eu d’obligation de reprendre la boutique. J’ai voulu mettre la main à la pâte”. Il peut évidemment compter sur le soutien de sa famille et de Jean-Michel, qui continue de l’épauler ponctuellement : il réalise des gravures sur les couteaux et de l’affûtage, bricole dans l’atelier, et lui prodigue toujours des conseils précieux. “C’est toujours une fierté de reprendre le flambeau et de voir que l’entreprise continue d’exister après tant d’années. Beaucoup de clients ont connu mes parents et mes grands-parents à ma place”, raconte Grégory Fabre. Une fierté qui se retrouve dès l’entrée du magasin, avec le nom de chaque patron gravé sur la poignée.
Le “Cadurcien”, la fierté familiale
Après avoir longtemps fabriqué et vendu des couteaux, rue Saint-James, la coutellerie Fabre a posé ses valises place Saint-Maurice, juste à côté de la halle, en 1939, et n’a pas bougé depuis. C’est dans cette même boutique que la famille propose le Cadurcien, depuis plus de trente ans. “Mon père avait trouvé une esquisse de son arrière-grand-père. Il l’a remis au goût du jour”, témoigne Grégory. Un diable, celui du Pont Valentré, apparaît sur la pièce, un joli clin d’œil à la ville qui attire souvent les touristes en quête d’un souvenir original et local. Un produit unique, qui est seulement fabriqué et vendu dans ce magasin. Ils en créent en moyenne une centaine par an. Au sein de l’établissement, il y a aussi le Valentré, un couteau de table ou pliant, avec la lame gravée. S’ils créent ces pièces tranchantes, ils en revendent aussi comme des Opinel, des Laguiole ou encore des pièces venues de Thiers, sans oublier des couteaux de chasse et de cuisine. Grégory s’occupe aussi de les réparer, les affûter et propose aussi des gravures laser. Avec une histoire aussi ancrée dans la ville, la tradition pourrait se conserver avec Sasha, le fils de Grégory, mais la décision lui appartiendra.

