La marque de textile gersoise veut donner un nouveau lustre à son image : elle renoue avec ses racines gasconnes… et latines, avec des vêtements brodés dans le Gers.
L’idée est partie d’un constat : il était difficile pour les clients de repérer les vendeurs de Pétrone dans les boutiques de la marque. Pourquoi ne pas leur fabriquer des vêtements griffés ? “Pétrone cultive un design plutôt minimaliste, sans logo, reconnaît Marion Dubuc, cofondatrice de la marque. Mais on avait envie pour nos équipes d’avoir un vêtement un peu emblématique, un peu identifiable.” D’autant que Pétrone revoit son image, avec de nouvelles photos, un logo remanié, une offre élargie. Surprise : lorsque les prototypes des vêtements siglés sont présentés aux salariés du site de Pessan, tout le monde est emballé.
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De quoi faire réfléchir les deux fondateurs de Pétrone, Marion Dubuc et Nicolas Hernandez. “Nous nous sommes dit : “Pourquoi ne pas le proposer aussi à nos clients ?” Et tout est parti de là.” D’un vêtement pensé comme un marqueur professionnel, le curseur s’est déplacé vers un concept plus proche de l’héraldique, qui reprenne les concepts et les origines de Pétrone. “Nous avons fait le choix d’en faire un vêtement qui symbolise aussi notre ancrage ici, dans le Gers. C’est la toute première fois qu’on fait un produit avec une inscription, une broderie.”
Pétrone le multiple
Le clin d’œil se décline en réalité sous plusieurs angles. La marque, bien sûr, déclinée en un énorme P dans le dos, et en toutes lettres sur le devant, dans un format qui rappelle l’esthétique des vêtements des grandes universités américaines, l’Ivy League. Voilà pour le côté décontracté et moderne de Pétrone.
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Mais à l’occasion des fêtes, les responsables de Pétrone ont pu mesurer l’attachement des consommateurs gersois. Ils sont nombreux à avoir commandé sur Internet avant de venir chercher leur colis directement à l’entrepôt auscitain. “Et souvent, ils nous disaient qu’ils sont contents de voir qu’une marque vendue sur Internet est basée ici, chez eux.” Pour ces fidèles, le nom latin d’Auch — Augusta Auscorum — est inscrit sous celui de Pétrone. Pourquoi le latin ? Parce que Pétrone était également le nom d’un auteur latin, désigné pour la postérité comme “l’arbitre des élégances” sous le règne de Néron. Si vous ajoutez à cela que de nombreuses universités américaines ont des devises en latin, la boucle est bouclée.
Broderie locale
Pas de risque de voir ces inscriptions disparaître au lavage : elles sont brodées. Et dans le Gers. “On trouvait ça bien de faire travailler des gens du coin, pour qui ça a aussi une importance. Nous avons choisi deux ateliers gersois. Les hoodies à capuche sont brodés à Lupiac, au Barny shop. La broderie des sweats part à L’Isle-Jourdain, à la Pink Piqueuse.” Seuls deux modèles sont proposés, et en précommande uniquement jusqu’au 6 janvier via le site de la marque. “Une fois réunies toutes nos commandes, le 6 janvier au soir, nous envoyons notre cahier de commandes à nos deux ateliers pour faire produire les pièces avec une livraison fin janvier.”
L’opération se veut surtout sympathique. “Ce ne sera pas un levier commercial énorme pour nous, assure Marion Dubuc. Nous menons d’autres axes de développements qui vont arriver en 2026, et qui vont être d’une tout autre dimension.”

