Plus de vingt-quatre heures après le blocage du tunnel de Foix, la mobilisation des agriculteurs de la Coordination rurale reste intacte. Sur place, des habitants viennent apporter leur soutien au mouvement.
Vingt-quatre heures après le blocage de l’entrée sud du tunnel de Foix, à l’appel de la Coordination rurale de l’Ariège, la détermination des agriculteurs reste intacte. De Les Bordes-sur-Arize à Foix, en passant par Tarascon-sur-Ariège, les éleveurs mobilisés contre l’abattage total des cheptels en cas de détection de DNC tiennent le terrain.
Depuis plus de trois semaines, ils enchaînent les journées dehors, déterminés à faire entendre leur colère.
Un repas sur site pour la Saint-Sylvestre
Sur le terre-plein à proximité du tunnel, une cinquantaine de manifestants se relaient tout au long de la journée, avant d’être près d’une centaine en soirée : “Au fil des heures, nous passons de trente à cinquante personnes, et le soir nous sommes une petite centaine.

Un planning est en place pour ceux qui dorment sur site, une dizaine environ. Mais nous attendons beaucoup plus de monde demain soir : un vrai repas sera organisé pour le réveillon du Nouvel An “, confie Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège.
“Je soutiens leur cause”
Peu à peu, au fil de la journée de ce mardi 30 décembre, des habitants ont rejoint le rassemblement pour afficher leur soutien. Parmi eux, Jean Brice, 52 ans, riverain fuxéen, arrive les bras chargés de churros et de chocolats : “Je suis entièrement d’accord avec eux, je soutiens leur cause. Même si la route est bloquée, je suis de leur côté. J’ai même apporté des chocolats pour les policiers”, ironise-t-il.

Un témoignage apprécié par les manifestants : “On est vraiment bien accueillis et soutenus, reprend Sébastien Durand, exactement comme à Tarascon. On est toujours aussi déterminés, il faut bien faire quelque chose pour faire bouger cet État”.
Un rencontre le Premier ministre le 5 janvier
De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, mardi 23 décembre, qu’il recevrait les syndicats agricoles le 5 janvier pour évoquer la question de la dermatose. Sur le dossier de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, les organisations agricoles ont également été reçues à l’Élysée par Emmanuel Macron, ce même mardi en fin de journée. Un rendez-vous destiné à “essayer d’éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes”, a souligné à l’issue de la rencontre Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne, rappelant la nécessité de “mesures structurelles fortes”.
“La balle a été transmise, maintenant elle est dans leur camp”, a renchéri Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs. Les syndicats ont par ailleurs indiqué avoir alerté le chef de l’État sur “l’extrême tension” et la “colère” du monde agricole, et attendent des réponses “dès les premiers jours de janvier” : “On verra les annonces du Premier ministre lundi, commente Sébastien Durand, mais je n’attends rien. Il n’en sortira rien, je pense, mais il y a d’autre rendez-vous dans la semaine, et il faut continuer à mettre la pression”.

