December 30, 2025

Dermatose nodulaire : des recherches lancées pour voir si l’abattement total peut être évité en cas de vaccination

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Alors que le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège évoque un “échec” des échanges au sein de la cellule scientifique sur l’abattage total lié à la DNC, le ministère met en avant une nouvelle étape : une analyse de risques confiée au Cirad, ciblant une zone à immunité vaccinale.

La réunion devait rouvrir une porte. Elle l’a refermée, selon les représentants agricoles. Participant aux échanges engagés à Toulouse entre scientifiques et organisations professionnelles, le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, Philippe Lacube, assure que les discussions sur une éventuelle évolution du protocole sanitaire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) “se sont soldées par un échec” le lundi 22 décembre, après une première rencontre jugée constructive, le mercredi 17 décembre.

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Au cœur du désaccord : la stratégie dite de “dépeuplement” qui prévoit l’abattage de l’intégralité d’un troupeau dès qu’un cas de DNC est confirmé, y compris lorsque les animaux ont été vaccinés. Les éleveurs défendent de longue date l’idée d’éviter un abattage systématique pour les cheptels vaccinés et plaident pour des options alternatives, comme un abattage sélectif ou des modalités adaptées au contexte local. Mais les experts (scientifiques, vétérinaires…) ont, lors de la seconde réunion, écarté cette piste.

Exception possible pour les bêtes vaccinées ?

Dans un communiqué daté du 23 décembre, le ministère de l’Agriculture ne reprend toutefois pas le terme d'”échec”. Il indique “prendre acte” des conclusions de la cellule de dialogue et précise que les scientifiques y ont confirmé deux priorités : l’amplification de la vaccination et le contrôle des mouvements d’animaux dans les zones réglementées et vaccinales. Sur le point le plus sensible, le texte mentionne aussi que, “concernant la stratégie de dépeuplement”, les experts considèrent qu'”en l’état des connaissances et de la situation, le protocole ne peut être revu”.

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Mais le ministère ajoute une inflexion : suivant une recommandation de la cellule, la ministre Annie Genevard confie au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) une “analyse de risques complémentaire” portant sur “le cas particulier d’une zone ayant atteint l’immunité vaccinale”. Objectif affiché : bâtir, avec un consortium d’experts en santé animale, une méthodologie et un calendrier de travail. Une démarche présentée comme un approfondissement sur “un temps long”, destinée à consolider les connaissances et les moyens de lutte contre l’épizootie pour, peut-être, épargner à terme les bêtes vaccinées de l’abattage systématique.

Sur le terrain, cette divergence de lecture nourrit l’incompréhension. Pour les représentants agricoles, la conclusion immédiate reste inchangée : l’abattage total demeure la règle. Pour le ministère, l’ouverture d’une mission d’analyse sur une zone à immunité vaccinale acte au contraire la poursuite des travaux sur les conditions dans lesquelles le protocole pourrait être réinterrogé.

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