Portrait
L’artiste, qui vient de fêter ses 91 ans, n’est pas seulement la plus grande chanteuse libanaise. Elle est une icône nationale, la seule capable de fédérer un pays meurtri par des années de guerre et de réunir un peuple divisé et éclaté aux quatre coins du monde.
Pour aller plus loin
Ah non ! Celui-ci n’est pas à vendre. Ce vinyle à la couverture bleu ciel où Fairouz apparaît cachée derrière ses lunettes de soleil et son gigantesque nœud lavallière restera à sa place : dans son placard. Au fond, à gauche, en entrant dans le magasin d’antiquités de Bob, au milieu de cartes postales de la baie de Jounieh, d’une figurine de la Vierge du Liban, de cassettes d’Oum Kalthoum, d’un paquet de Marlboro rouge pétant et d’une horloge en bois en forme de cèdre… « On m’a proposé 200 dollars pour ce disque, mais j’ai dit non. C’est une exclusivité ! » s’emporte le collectionneur de 33 ans, propriétaire de cette boutique fourre-tout au cœur du quartier de Hamra, à Beyrouth. Il ouvre la pochette avec la délicatesse qu’on réserve aux souvenirs les plus précieux, glisse le disque hors de son abri cartonné, et le dispose sur la platine. La voix séraphique de l’artiste s’élève. Bob fredonne, chantonne, sourit. « Fairouz… C’est notre espoir. Elle a placé le nom du Liban au-dessus des étoiles. Tout le monde ici l’écoute et la respecte. »
Dire que Fairouz, qui vient de fêter ses 91 ans, est la plus grande voix du Liban et du monde arabe, ce n’est encore rien dire. Tous les Libanais ont une histoire avec elle. Pour Nadim, photographe franco-libanais, c’est simple, elle a changé sa vie, ce Vendredi saint de 1996 où il l’a écoutée enton…
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