Une affaire d’agression sexuelle a bouleversé le tribunal correctionnel de Toulouse. Un fils de 49 ans, alcoolisé, a agressé sexuellement sa mère de 80 ans, lourdement handicapée. Il écope de deux ans de prison ferme.
L’horreur s’est invitée devant le tribunal correctionnel de Toulouse à l’occasion d’un dossier particulier qui a laissé juges et témoins sidérés. Les faits remontent au 12 septembre 2025, à Auterive. Une femme de plus de 80 ans, lourdement handicapée, incontinente et placée sous tutelle, a confié à ses aides de vie un récit glaçant.
Elle a expliqué que son fils, âgé de 49 ans, est entré dans sa chambre alors qu’il était fortement alcoolisé. Il a alors glissé sa main dans sa couche avant de l’agresser sexuellement. Dès le lendemain des faits, les aides-soignantes constatent “un changement net de comportement” chez la victime. Le médecin légiste lui accordera deux jours d’incapacité légale en raison “de l’anxiété majeure et de l’extrême vulnérabilité de la personne”.
“Franchement dégueulasse…”
Face à ses juges, le fils reste mutique. “Je n’ai pas d’explication. Je ne conteste pas les faits, mais je n’ai plus de souvenir”, affirme-t-il. Le président s’étonne : “Ce que vous nous dites dépasse l’entendement. Il va falloir nous parler un peu.” Face à ses réponses laconiques, souvent limitées à “Je ne me souviens plus”, le ton se durcit : “Vous ne savez pas grand-chose, monsieur. Pour être bien jugé, il faut parler.”
Interrogé sur ce qu’il pense des faits aujourd’hui, il lâche : “Ce n’est pas beau, j’ai honte.” Le président Fabrice Rives conclut, sévère : “C’est même franchement dégueulasse.” Le dossier, initialement qualifié de viol, a été correctionnalisé en agression sexuelle. La victime, très malade, souhaitait qu’une décision de justice puisse intervenir rapidement.
Pour la partie civile, “c’est une affaire particulièrement sordide”. Me Cécile Bordes-Escaich insiste : “Nous sommes aux frontières de l’horreur.” Dans son réquisitoire, le parquet souligne “un dossier extrêmement lourd” et défend la parole de la victime, “précise, constante et réitérée”. La procureure de la République requiert deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention, un suivi sociojudiciaire de trois ans, et l’inscription au fichier des délinquants sexuels.
“Il faut le soigner”
En défense, Me Audrey Libert prévient : “Parfois, notre robe noire est lourde à porter. Ce soir, elle est particulièrement lourde.” L’avocate reprend l’expertise psychologique et note “une carence affective grave, l’absence de père, une mère qui ne s’occupait pas de son fils”. Elle interroge le tribunal sur l’existence d’une colère profonde contre sa mère qui est ressortie ce soir-là aidée par une consommation massive d’alcool.
Et de poursuivre : “L’expertise doit nous rassurer : il n’y a pas de paraphilie, des déviances sexuelles. Il est réadaptable, mais il a besoin d’être soigné. La prison n’est pas un lieu de soin.” et Me Libert conclut : “Il faut soigner le mal plutôt que de le mettre à l’ombre.”
Après délibéré, le tribunal condamne le prévenu à la peine de deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention, trois ans de suivi sociojudiciaire et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

