Simon Leys, amoureux de la calligraphie chinoise, à Canberra (Australie) en 1998. WILLIAM WEST/AFP
Pour aller plus loin
« On vous en prie, on vous en supplie, lisez “les Habits neufs du président Mao”. » Ce 13 décembre 1971, dans « le Nouvel Obs », le sinologue René Etiemble salue le livre de Simon Leys, « bouleversant », dont « on sort […] plus convaincu que jamais que, sans liberté, point de socialisme “à visage humain”. Rien que des termitières ». Courageux mais prudent, notre magazine publie, juste après, un autre avis, venimeux celui-là, rédigé par l’essayiste maoïste Jean Daubier. Il tacle un ouvrage qui « fourmille d’erreurs et d’affirmations incontrôlables ». Le reste de la presse de gauche est dans la même tonalité : « L’auteur n’a manifestement pas l’expérience de ce dont il parle », mord « le Monde », tandis que la revue de Philippe Sollers « Tel quel » s’acharne contre ce calomniateur, accusé par ses détracteurs d’être un fasciste stipendié par la CIA.
Féru de George Orwell
A quel sacrilège s’est donc livré celui dont on ne connaît alors que le pseudonyme, Simon Leys, et qui n’est autre que Pierre Ryckmans, un sinologue belge qui vit à Hongkong ? Depuis cette enclave alors britannique, il a compris les ravages de ce mouvement que Mao a lancé en 196…
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