February 26, 2026

Près de 1 500 euros de gazole dérobés chez un agriculteur et un transporteur après des raids nocturnes

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Les vols de carburant frappent les exploitations agricoles et les entreprises de transport. Louis, agriculteur gascon, a perdu près de 200 litres de gazole. Malgré les mesures de sécurité, les intrusions persistent. Comment endiguer ce fléau ?

Après plusieurs jours d’intempéries, Louis* a retrouvé sa ferme ce lundi 23 février afin d’assurer l’entretien de ses machines et de préparer ses prochaines missions de traitement dans les vignes gasconnes. Mais sur place, une mauvaise surprise l’attendait : sa cuve de gazole non routier (GNR) était presque vide. Ce carburant destiné aux engins agricoles et aux machines mobiles non routières aurait été dérobé pendant les fortes pluies, alors que l’exploitation était inoccupée.

“Quand je suis arrivé au hangar, j’ai d’abord vu ma moissonneuse-batteuse, qui prend toute la place. Ensuite, ma machine à vendanger, cachée dans un coin et invisible depuis la route. Il faut vraiment faire attention pour la voir”, raconte le jeune agriculteur. En s’approchant pour récupérer un outil, il remarque de la terre sur l’échelle de la machine. Sur le moment, il n’y prête pas attention : un mécanicien est récemment intervenu sur l’engin. “Je me suis dit que c’était peut-être nous qui avions mis de la terre partout.”

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Mais un détail l’interpelle : le bouchon du réservoir est posé sur le marchepied et le filtre d’arrivée de carburant déplacé au-dessus de sa caisse à outils. En vérifiant le niveau, le constat est sans appel. “On m’a volé environ 70 % du gasoil de la machine à vendanger. Elle était quasiment pleine. Ils ont pris près de 200 litres.” Même scénario du côté de la moissonneuse-batteuse. “Là, il ne restait absolument rien. À peine 3 ou 4 %. Ils ont tout vidé.”

Une entreprise de transport également touchée

Selon lui, les voleurs auraient utilisé deux méthodes distinctes : un siphonnage classique pour la machine à vendanger, ce qui expliquerait qu’elle ne soit pas totalement vide, et le démontage du raccord situé sous le réservoir de la moissonneuse-batteuse afin de la vider entièrement. L’engin, maculé de boue, laisse penser à une intrusion nocturne par temps de pluie.

Après avoir échangé avec ses voisins, Louis apprend qu’un véhicule de type 4×4 aurait circulé sur le chemin menant à son hangar, pourtant situé sur une propriété privée, dans la nuit de samedi à dimanche. Le préjudice est estimé entre 200 et 250 litres de GNR, soit environ 150 euros.

“Dans ces cas-là, on ne peut pas faire grand-chose, à part déposer plainte à la gendarmerie. Même si on ne récupérera probablement rien, il faut signaler le vol, notamment pour l’assurance si d’autres dégâts apparaissent plus tard.”

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Un fait similaire s’est produit il y a environ deux semaines dans l’entreprise Chabanon, spécialisée dans le transport de voyageurs à Cologne. En pleine nuit, plusieurs autocars stationnés sur un dépôt auraient été vandalisés et siphonnés. “Le dépôt est clôturé et équipé d’un système de vidéoprotection. Cette nuit-là, un agent était même présent sur place”, précise Cédric Chabanon, gérant de la société. Pourtant, aucune image exploitable n’a pu être récupérée.

“Je ne sais pas s’ils n’ont peur de rien, mais je ne vois pas comment on peut arrêter ces individus. Nous ne sommes pas certains, mais il est possible qu’ils aient brouillé les ondes. À ce moment-là, il n’y a aucun enregistrement.” Le préjudice pour cette seule nuit serait estimé à environ 1 300 euros.

Des pertes annuelles conséquentes

Selon le dirigeant, ces vols sont loin d’être isolés. “Sur l’année, nous estimons les pertes à environ 8 000 euros. Nous n’avons pas de dispositif spécifique contre le vol de carburant. Je ne suis même pas sûr que cela existe réellement dans notre secteur.”

Malgré la présence d’un grillage et d’un système de vidéosurveillance, les intrusions persistent. “À chaque incident, nous analysons la situation pour renforcer nos mesures. Je ne sais pas ce que nous pourrions faire de plus. Il n’y a pas de recette miracle.”

Ces vols ne seraient, en revanche, pas répétés dans le département ces derniers temps, selon les forces de l’ordre.

* Le prénom a été modifié.

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