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Le Nouvel Obs avec AFP
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors d’une visite officielle à Madrid, en Espagne, le 18 novembre 2025. ALBERTO GARDIN / SOPA/SIPA
L’Ukraine va mener prochainement des pourparlers en Suisse avec les Etats-Unis pour discuter du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre avec la Russie, a annoncé ce samedi 22 novembre un haut responsable ukrainien.
« Dans les prochains jours, nous lancerons en Suisse des consultations entre de hauts responsables ukrainiens et américains sur les paramètres possibles d’un futur accord de paix », a indiqué sur Facebook Roustem Oumerov, à la tête du Conseil de sécurité ukrainien.
« L’Ukraine aborde ce processus avec une compréhension claire de ses intérêts. Il s’agit d’une nouvelle étape du dialogue qui se poursuit depuis quelques jours et qui vise principalement à harmoniser notre vision des prochaines étapes », a-t-il ajouté.
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Le 20 novembre, les Etats-Unis ont présenté un plan qui prévoit de nombreuses concessions à la Russie. Il comprend notamment des cessions de territoires par l’Ukraine et une réduction de la taille de son armée, mais offre aussi des garanties de sécurité occidentales pour Kiev.
Une délégation ukrainienne pour des pourparlers
Le président Volodymyr Zelensky a signé de son côté ce samedi un décret formant la délégation qui sera chargée de participer « au processus de négociation avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux de l’Ukraine, ainsi qu’avec des représentants de la Russie ». Selon ce décret, la délégation sera menée par le bras droit de Volodymyr Zelensky, le chef de la présidence Andriï Iermak, et comprendra entre autres Roustem Oumerov, les chefs des services de sécurité et de renseignement et le chef d’état-major. Soit une délégation essentiellement militaire.
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Vendredi, Volodymyr Zelensky avait repoussé le plan américain pour mettre fin à près de quatre ans d’invasion russe et assuré qu’il tenterait de suggérer des solutions alternatives à Washington. Le texte est vu avec inquiétude à Kiev car il reprend plusieurs exigences majeures formulées par la Russie. « L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé », les Etats-Unis, a déclaré Volodymyr Zelensky dans une adresse vidéo à la nation, estimant que le pays traverse « l’un des moments les plus difficiles de (son) histoire ».
Dans une déclaration commune, ce samedi, les dirigeants de 11 pays et de l’Union européenne ont estimé que le plan américain pour l’Ukraine requiert du « travail supplémentaire ». Le « projet » proposé par Washington « est une base qui requerra du travail supplémentaire », ont-ils écrit après une réunion en marge du sommet du G20 à Johannesburg, se disant en particulier « inquiets par les limitations proposées pour les forces armées ukrainiennes, qui laisseraient l’Ukraine vulnérable à de futures attaques ».
Trump et Poutine mettent la pression sur Zelensky
Donald Trump et Vladimir Poutine ont de leur côté pressé le président ukrainien d’accepter le texte. Le président américain a estimé que le 27 novembre, jour de la fête de Thanksgiving, était une date butoir « adéquate » pour recevoir une réponse sur sa proposition de 28 points. « Il faudra bien que cela lui plaise, et si cela ne lui plaît pas, alors, vous savez, ils n’auront qu’à continuer à se battre », a dit le président américain, interrogé sur le rejet de son projet par Volodymyr Zelensky.
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A Moscou, Vladimir Poutine a lui jugé que le plan américain pouvait « servir de base à un règlement pacifique définitif » du conflit lancé en 2022. Il s’est dit prêt à une « discussion approfondie de tous les détails » du texte élaboré par Washington. En cas de refus ukrainien, « les événements qui se sont produits à Koupiansk se reproduiront inévitablement sur d’autres secteurs clés du front », a-t-il menacé, en référence à une ville de l’est de l’Ukraine dont la capture a été revendiquée par son armée jeudi.

