Des équipes de la Défense civile palestinienne récupèrent les victimes tuées lors de frappes israéliennes sur un véhicule dans la région d’Abbas, à l’ouest de la ville de Gaza, le 22 novembre 2025. OMAR ASHTAWY APAIMAGES/SIPA
Les cessez-le-feu ne tiennent qu’à un fil au Liban et dans la bande de Gaza. L’armée israélienne multiplie ces dernières semaines les frappes contre le Hezbollah libanais, qu’elle accuse de chercher à se réarmer ; et contre le Hamas palestinien dont les forces ne respecteraient pas l’arrêt des combats acté le 9 octobre. Ce samedi 22 novembre, Tsahal – surnom donné à l’armée israélienne – a de nouveau frappé les deux territoires voisins, faisant plusieurs morts.
• A Gaza, les frappes israéliennes sont quotidiennes
Un cessez-le-feu a beau être en cours depuis un mois et demi à Gaza, les frappes israéliennes ne s’arrêtent pas. Le 19 novembre, 27 personnes ont été tués à Gaza-Ville (nord) et Khan Younès (sud), faisant de cette journée l’une des plus meurtrières depuis le début de la trêve. Depuis, les missiles continuent de pleuvoir et les morts s’accumulent : cinq personnes, dont un bébé, tuées le 20 novembre, selon les autorités locales ; cinq combattants du Hamas tués le 21 novembre, selon Tsahal ; au moins 21 morts ce samedi à Gaza-ville, Deir al-Balah (centre) et dans la région de Nousseirat (centre), selon la Défense civile de Gaza. Pour sa part, l’armée israélienne a indiqué avoir « éliminé » ce samedi trois « terroristes » à Rafah (sud) et deux dans le nord de Gaza, qui avaient franchi la « ligne jaune », délimitant la zone au-delà de laquelle les forces israéliennes se sont retirées dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu.
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Le Qatar, qui joue le rôle de médiateur entre Israël et le Hamas, « condamne fermement les attaques brutales menées par l’occupation israélienne dans la bande de Gaza (…) et les considère comme une escalade dangereuse qui menace de compromettre l’accord de cessez-le-feu », a déclaré le ministère qatari des Affaires étrangères dans un communiqué le 20 novembre. Doha a également appelé à intensifier « les efforts régionaux et internationaux pour préserver et faire respecter l’accord ».
• Au Liban, plus de 300 morts depuis la trêve en novembre 2024
Le ministère libanais de la Santé a fait état d’un mort ce samedi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, alors qu’Israël a annoncé de nouvelles frappes dans le sud et l’est, malgré le cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le mouvement islamiste libanais. Une « frappe ennemie israélienne » sur un véhicule a fait un mort dans la ville de Zawtar el-Charqiyeh, dans le sud du Liban, a indiqué le ministère dans un communiqué. Selon l’agence de presse officielle libanaise (Ani), la personne tuée conduisait son véhicule lorsque la frappe l’a touchée.
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Plus au sud, à Chaqra, une grenade lancée par un drone israélien a fait cinq blessés, selon le ministère. L’armée israélienne a de son côté indiqué ce samedi avoir frappé « des agents et des sites militaires de l’organisation terroriste Hezbollah dans la région de la Bekaa (est) et dans le sud du Liban ». L’Ani a fait état de plusieurs autres frappes ailleurs dans le sud et l’est du pays, mais aucune victime n’a été signalée jusqu’à présent. Concernant une autre frappe menée vendredi à Froun (sud), l’armée israélienne a affirmé avoir tué un « terroriste du Hezbollah » qui avait « mené des attaques terroristes » contre Israël et ses forces. Le ministère libanais de la Santé avait confirmé vendredi qu’une « frappe ennemie israélienne » avait tué une personne à Froun.
Israël a récemment intensifié ses frappes dans le sud du Liban, disant viser le mouvement soutenu par l’Iran, qu’elle accuse de se réarmer en violation d’un cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024. Les autorités libanaises accusent régulièrement Israël de violer le cessez-le-feu en poursuivant ses frappes et en continuant d’occuper cinq points stratégiques du sud du territoire. Selon le ministère de la Santé, plus de 330 personnes ont été tuées au Liban et 945 blessées depuis le cessez-le-feu. Une autre frappe israélienne mardi sur le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn el-Héloué, dans le sud du Liban, avait tué 13 personnes. Israël les a présentées comme des « terroristes » du Hamas, allié du Hezbollah.

