Le budget de Noël des ménages français atteint un niveau historiquement bas. Cette année, ils prévoient de dépenser en moyenne 491 euros, contre 749 euros en 2017. Cette chute révèle une fracture économique croissante et oblige certaines familles à adopter de nouvelles stratégies.
Si Noël est considérée par plus des trois quarts des Français comme leur fête préférée, les cadeaux sous le sapin devraient être, cette année, un peu plus petits que d’habitude. Selon une enquête Cofidis, jamais le budget des ménages en France pour Noël n’a en effet été aussi bas.
Cette année, les Français prévoient de dépenser 491 euros en moyenne pour les fêtes, contre 749 euros en 2017. Ce chiffre, en légère baisse par rapport à l’an dernier (497 €), atteint ainsi son plus faible niveau depuis le lancement de l’étude. Les cadeaux resteront cette année encore le premier poste de dépense avec 297 € dépensés en moyenne, mais il recule de 26 € sur un an. Concrètement, 23 % des personnes interrogées prévoient de se serrer la ceinture.
48 % des Français se disent inquiets
Derrière cette baisse relative se cache en réalité une fracture grandissante. “Le budget médian chute de 50 €, pour atteindre 350 €”, indique l’organisme français spécialiste des crédits. “Autrement dit, une majorité réduit ses dépenses tandis qu’une minorité maintient, voire augmente, son budget.” Cela illustre la “tension réelle ressentie par une majorité de foyers”, précise Mathieu Escarpit, le directeur marketing de Cofidis France. Près d’un Français sur deux (48 %) se dit en effet inquiet concernant les festivités à venir. Au centre de leurs préoccupations, le prix des denrées alimentaires arrive largement en tête (74 %), suivi de celui des cadeaux (68 %) et dans une moindre mesure celui du carburant (24 %).
Les ménages s’adaptent à la situation
Avec un budget qui se resserre, les ménages français sont contraints d’adopter de nouvelles stratégies budgétaires. Selon une enquête Credoc menée pour la Banque de France en 2024, 75 % des Français ont en effet commencé à puiser dans leur épargne, fait appel à des amis ou à leur famille, ou encore sollicité des aides publiques. L’autre stratégie a consisté à repousser ou à renoncer à des dépenses. “43 % des ménages les plus modestes se sont notamment privés du point de vue alimentaire, et 38 % d’entre eux ont renoncé à des dépenses de santé”, indique le rapport.
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Pour les traditionnels achats de Noël, les habitudes des Français évoluent aussi. Selon Cofidis, 38 % profitent par exemple des promotions pour acheter leurs cadeaux, 22 % les réservent uniquement aux enfants, et les plus jeunes n’hésitent plus à se tourner vers les paiements fractionnés par carte bancaire.
Attention au surendettement
Une situation qui inquiète l’Union nationale des associations familiales (Unaf). L’institution qui représente les 18,6 millions de familles qui vivent sur le territoire français appelle à la plus grande vigilance, d’autant que le nombre de dossiers de surendettement a bondi le mois dernier de plus de 13 % (par rapport à octobre 2024). “Avant les fêtes de Noël, les Français sont plus qu’incités à faire plaisir à leurs proches, à dépenser davantage. Il faut donc faire particulièrement attention aux campagnes commerciales qui vous proposent d’acheter maintenant et de payer plus tard”, explique Morgane Lenain, la présidente du département Économie, emploi et consommation à l’Unaf. “Ces crédits à la consommation déguisés peuvent être piégeux quand on a un budget serré car ils décorrèlent l’achat avec la réalité, contrairement à un paiement en espèces.”

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Avec des prix à la hausse depuis plusieurs années et des salaires qui n’ont pas progressé dans les mêmes proportions, la situation financière des ménages s’est incontestablement dégradée. Selon le dernier baromètre de l’Observatoire des familles (2024), 26 % disent ne pas avoir les moyens de faire plaisir à leurs enfants avec des cadeaux ou des sorties par exemple.
Plus alarmant encore, 11 % des parents avouent ne pas avoir les capacités financières pour répondre à leurs besoins essentiels, comme la santé ou l’alimentation. Les familles nombreuses, monoparentales, les mères et les habitants de zones rurales sont les premiers concernés par cette fragilité financière. Malgré la période qui s’annonce, de nombreux Français n’auront donc pas le cœur à la fête.

