February 25, 2026

Inondations, wagon en feu… Quatre jours pour aller de Marseille jusque dans les Hautes-Pyrénées : la galère d’un passager

l’essentiel
Quentin, un habitant de la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées, a mis quatre jours pour rentrer chez lui depuis Marseille. Un périple épique.

Il en parle avec le sourire. Mais sur le moment, Quentin était quand même un peu agacé. Mardi 17 février, cet habitant de la Vallée d’Aure de 33 ans, se présente en gare de Marseille pour rentrer chez lui, dans les Hautes-Pyrénées. Il est encore loin d’imaginer que le périple va durer beaucoup plus longtemps que prévu. ” Je découvre que les pompiers sont devant le train que je dois prendre. Un wagon est en feu. C’est bien la première fois que cela m’arrive “, raconte-t-il. Le trajet est annulé, le billet remboursé car le retard est supérieur à deux heures. Premier échec. Surtout que son aller n’a pas été sans déconvenue : Quentin est arrivé à Marseille avec 2h30 de retard à cause, déjà, des inondations.

Quentin, patience à toute épreuve, reprogramme son déplacement le lendemain matin. Mais le mercredi, il n’aura même pas le temps d’arriver à la gare : il a reçu une alerte au réveil lui indiquant que son train est annulé. Deuxième échec. En cause : les inondations à cause de la tempête Nils. ” Je décide alors de laisser un jour de marge car je sais que les dégâts sont conséquents “, précise-t-il. Le Pyrénéen met alors toutes les chances de son côté dans l’espoir de repartir, enfin, jeudi. Heureusement pour lui, il est hébergé par une proche en attendant. Mais le vendredi, alors qu’il est installé dans son wagon, voilà que la circulation est interrompue à Narbonne.

Des covoiturages réservés pour rien

” Devant nous, le train de marchandise est immobilisé à cause d’un problème de frein “, détaille-t-il. L’attente commence, d’abord 30 minutes annoncées. Au total, Quentin patientera 4 heures. ” Le problème c’est que j’avais réservé un covoiturage pour relier, ensuite, Toulouse, jusqu’à la vallée d’Aure. À cause du retard et des nouveaux horaires communiqués, j’ai réservé 4 covoiturages pour rien “, explique-t-il. En se délestant, au passage, de près de 30 euros de réservations. À son arrivée à Toulouse, l’usager trouve ” par miracle ” un covoiturage pour le déposer chez lui. Heure d’arrivée : 23 heures et quatre jours de retard.

” Je suis un habitué du train car je n’ai pas le permis. Je suis rarement tombé sur des annulations ou des voyages en retard. Mais cette fois-ci c’était vraiment exceptionnel. En fait, je n’ai rien contre la SNCF mais ce qui me fait râler c’est la différence entre le traitement réservé aux ruraux et aux citadins. À Toulouse, je me suis retrouvé en panique car je n’étais pas sûr de rejoindre la vallée d’Aure. C’est comme si les ruraux n’avaient qu’à se démerder pour rentrer chez eux, après “, regrette-t-il. Quentin s’imaginait déjà faire du stop ou prendre une nuit d’hôtel, à ses frais, à Toulouse. Pour autant, il envisage déjà de reprendre le train la semaine prochaine. ” Je reste un convaincu de ce moyen de transport qui est écologique et qui me permet de lire, de travailler et d’écrire pendant les trajets “. Souhaitons-lui de prévoir un livre assez long, au cas où.

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