Des personnes se rassemblent lors d’une veillée au parc Lynnhurst après une fusillade à l’école catholique Annunciation, ce 27 août 2025, à Minneapolis BRUCE KLUCKHOHN/AP/SIPA
Il reste ce jeudi 28 août encore de nombreuses questions sans réponse. Les enquêteurs cherchent à comprendre ce qui a poussé une personne lourdement armée à ouvrir le feu mercredi dans une église de Minneapolis, attenante à une école catholique, tuant deux enfants et blessant 17 personnes avant de se suicider.
Le président Donald Trump, qui a déclaré mercredi avoir été « pleinement informé » de la « tragique » attaque, a ordonné la mise en berne des drapeaux jusqu’au 31 août sur les bâtiments fédéraux.
Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir en banlieue de Minneapolis pour une veillée en hommage aux victimes, a constaté un correspondant de l’AFP.
• Deux enfants morts et une quinzaine de blessés
Selon les enquêteurs, des coups de feu ont été tirés à des dizaines de reprises, l’assaillant utilisant deux fusils et un pistolet, à travers les vitraux de l’église de l’Annonciation dans cette ville du nord des Etats-Unis. Des dizaines d’écoliers y assistaient à une messe, deux jours après la rentrée des classes.
« Le premier coup, je me suis dit : “C’est quoi ça ?”, a raconté un élève de 10 ans à la chaîne CBS. Puis j’en ai entendu un autre. Je me suis jeté sous le banc et j’ai couvert ma tête. » L’un de ses camarades, a-t-il poursuivi, l’a « sauvé » en s’allongeant sur lui. Et il « a été touché ».
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Les deux enfants morts avaient 8 et 10 ans. Les victimes blessées par balle – 14 enfants âgés de 6 à 15 ans et trois paroissiens de plus de 80 ans – devraient survivre à leurs blessures, selon Brian O’Hara, le chef de la police de Minneapolis.
Des images ont montré des parents paniqués venant chercher leurs enfants dans un imposant déploiement policier.
Dans une déclaration commune, le directeur de l’école et le prêtre de l’église ont souligné que le « personnel héroïque a mis les élèves à l’abri sous les bancs » quelques secondes après le début de la fusillade.
• Une femme de 23 ans identifiée
Les enquêteurs ont identifié la personne qui a tiré les coups de feu comme Robin Westman, une femme transgenre de 23 ans, qui selon les médias américains avaient fréquenté l’école comme élève. Selon le patron du FBI, Robin Westman était « né sous le nom de Robert Westman ».
Des documents judiciaires de 2019-2020, consultés par l’AFP, font état d’un changement de prénom, de Robert à Robin, de cette personne née de sexe masculin mais s’identifiant comme une femme.
« Nous avons la confirmation que le tireur était un homme qui se disait transgenre », a quant à elle écrit Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, évoquant un « monstre taré ».
Sur YouTube, la suspecte avait laissé une étrange vidéo où l’on peut la voir manipuler différentes armes dont les chargeurs portent toute une panoplie d’inscriptions cryptiques au feutre blanc, rapporte « Le Monde ». « Suicide-toi » et « je suis un cauchemar », écrit en russe, « machallah » (« ce que Dieu a voulu »), « tuer Donald Trump », « pas de remords », « Israël doit tomber » et « 6 millions n’étaient pas assez ». Dans une lettre manuscrite laissée à ses proches, Robin Westman se dit convaincue d’avoir un cancer en phase terminale.
• Mobile encore inconnu
« Nous n’avons pas de mobile pour l’instant », a annoncé Brian O’Hara, précisant que les enquêteurs menaient des perquisitions à trois adresses. « La cruauté et la lâcheté dont il faut faire preuve pour tirer dans une église remplie d’enfants est absolument incompréhensible » a-t-il ajouté.
La police fédérale américaine, le FBI, a ouvert une enquête pour « acte de terrorisme intérieur » et « crime motivé par la haine anticatholique », a annoncé Kash Patel, patron de cette agence.
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Westman avait préparé un manifeste destiné à être diffusé sur YouTube et que la police a dit avoir « retiré ». Ses armes avaient été acquises « légalement », selon cette source.
Cette année, au moins 287 tueries ayant fait au moins quatre morts ou blessés, ont eu lieu aux Etats-Unis, selon l’ONG Gun Violence Archive. En 2024, au moins 16 700 personnes, sans compter les suicides, avaient été tuées par arme à feu.
• Offensive transphobe de la droite américaine
Suite à l’annonce de la transidentité de la suspecte, le mouvement MAGA s’est empressé d’instrumentaliser cette attaque sur les réseaux sociaux alors que l’administration Trump mène depuis des mois une offensive contre les politiques favorables aux personnes transgenres.
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« Encore un transterroriste dérangé », commente sur X, Alex Bruesewitz, conseiller de Donald Trump. Sur ses réseaux, l’américain est un habitué des attaques contre les personnes transgenres n’hésitant pas à les qualifier de « malades mentaux » ou de « monstres démoniaques ».
De son côté, le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a condamné toute instrumentalisation par l’extrême droite américaine de la tuerie : « Toute personne qui utilise cela comme l’occasion de diaboliser notre communauté trans a perdu tout sens d’humanité commune. »