August 26, 2025

"Un coup de poker", "un acte courageux et cohérent" : les deux députés du Gers réagissent au vote de confiance demandé par le Premier ministre

l’essentiel
Le 8 septembre prochain, François Bayrou soumettra son gouvernement à un vote de confiance à l’Assemblée nationale du sujet du projet budgétaire pour 2026. Une annonce qui suscite des réactions contrastées dans le Gers.

François Bayrou a créé la surprise en annonçant qu’il engagerait la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain. Une décision qui divise dans le Gers.

De son côté, Jean-René Cazeneuve (Renaissance) salue la démarche du chef du gouvernement. “Dans le contexte international actuel, notre pays ne peut se permettre une nouvelle crise politique et économique. Nous avons besoin de stabilité”, souligne-t-il. Le député de la 1re circonscription du Gers reconnaît toutefois que le texte est “imparfait” et doit être amélioré. “L’objectif de réduction du déficit est impératif pour assurer notre indépendance et notre capacité à investir dans les politiques publiques prioritaires”, ajoute Jean-René Cazeneuve. Il appelle également les forces politiques au dialogue : “Saisissons la main tendue du Premier ministre pour aboutir à un budget acceptable pour une majorité de nos concitoyens. C’est l’intérêt de notre pays.”

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Sur France Inter, l’élu gersois est allé plus loin, qualifiant la décision de François Bayrou “d’acte courageux et cohérent”. Il dénonce “l’avalanche de corporatistes” qui s’est exprimée depuis juillet : “Les uns et les autres refusent de faire des efforts : pas les retraites, pas les fonctionnaires, pas tel secteur… Mais si l’on ne touche à rien, alors comment redresser nos finances publiques ?”

“Un mépris du Parlement”

Dans la 2e circonscription, David Taupiac (groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires ou LIOT) dénonce “un coup de poker” du Premier ministre. “Depuis son annonce en juillet, les parlementaires n’ont pas pu travailler officiellement sur le budget, puisque la session était close”, déplore-t-il. Le député gersois critique un projet qui, selon lui, “ne correspond pas du tout à la vision d’un budget équilibré, avec une équité fiscale et des efforts mieux répartis”. À ce stade, il annonce qu’il votera contre la confiance, à moins d’une évolution d’ici le 8 septembre. “Pour nous c’est faire preuve d’irresponsabilité et de mépris du Parlement. Les députés LIOT, à une très large majorité, ne voteront pas la confiance”, insiste-t-il.

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Pour David Taupiac, “si le gouvernement tombe, on fera partie de ceux qui essaieront de trouver une solution derrière pour qu’on puisse continuer à garantir une stabilité dans ce pays.” Dans un communiqué, le groupe parlementaire rappelle qu’en cas de démission du Premier ministre, il restera “force de propositions” et “participera, avec esprit de responsabilité, à l’élaboration d’un budget de redressement des finances publiques, fondé sur la justice fiscale et sociale, et guidé par la recherche de l’intérêt général”.

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