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Le Nouvel Obs avec AFP
Des agents du FBI transportent des cartons vides jusqu’au domicile de l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, le 22 août 2025, à Bethesda, dans le Maryland. JOSE LUIS MAGANA/AP/SIPA
La police fédérale américaine (FBI) a perquisitionné ce vendredi 22 août le domicile de John Bolton, ex-conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale lors du premier mandat du républicain et qui en est devenu depuis l’un des plus fervents critiques.
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Des agents du FBI entraient et sortaient tôt vendredi de la maison en banlieue de la capitale Washington de cet ancien haut responsable à la Maison Blanche, a constaté un journaliste de l’AFP.
« PERSONNE n’est au-dessus de la loi… Les agents du FBI sont en mission », a déclaré sur X le directeur de la police fédérale, Kash Patel, sans que ce proche allié de Donald Trump ne précise à quelle affaire il faisait référence.
Accusé d’avoir revélé « des informations sensibles »
Selon le tabloïd américain « New York Post », qui cite un responsable de l’administration Trump, l’enquête aurait été ordonnée directement par Kash Patel.
De retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump avait signé un décret exécutif accusant John Bolton d’avoir révélé « des informations sensibles du temps où il était » à la Maison Blanche, de 2018 à 2019.
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Il avait également privé son ancien conseiller de la protection du Secret Service, l’agence chargée de protéger les hautes personnalités politiques aux Etats-Unis, et l’avait traité d’« idiot ». Il lui avait également coupé tout accès à des données de sécurité et de renseignement.
John Bolton avait alors déclaré être « déçu mais pas surpris » de la décision. Se disant la cible d’un projet d’assassinat fomenté par l’Iran entre 2021 et 2022, il avait également affirmé en janvier : « la menace demeure ». Téhéran aurait ainsi voulu venger la mort de son général Qassem Soleimani, tué le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone en Irak ordonnée par Donald Trump lors de son premier mandat (2017-2021).
Trump « inapte » à diriger le pays
Avec son visage barré d’une épaisse moustache, ce républicain de 76 ans s’était fait connaître à l’international comme ambassadeur à l’ONU sous la présidence de George W. Bush, durant la guerre en Irak.
Après son limogeage par Donald Trump, il avait commencé à prendre position contre les politiques menées par le républicain. Dans un livre paru en 2020, John Bolton avait présenté son ancien patron comme obnubilé par sa seule réélection et « inapte » à diriger la première puissance mondiale. Récemment, il a critiqué le sommet entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine en Alaska.
« En Alaska, le président Trump n’a pas perdu, mais Poutine a clairement gagné, Vladimir a son vieil ami Donald de retour », avait-il lancé sur X.
Au moment de la nomination de Kash Patel à la tête du FBI, des élus démocrates avaient exprimé leur forte opposition. Le sénateur démocrate Dick Durbin avait ainsi craint que cet ancien procureur fédéral, fidèle de Donald Trump, n’utilise son nouveau rôle pour « se venger de ses ennemis politiques ».
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Au cours de son audition au Sénat fin janvier, Kash Patel avait cependant nié avoir une « liste d’ennemis », et assuré que « tous les agents du FBI (seraient) protégés contre des représailles politiques ».
Depuis plusieurs mois, des figures du mouvement « MAGA » de Donald Trump réclament que le ministère de la Justice comme le FBI s’attaquent aux opposants du président républicain, particulièrement ceux impliqués dans les poursuites contre les participants à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.