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Le Nouvel Obs avec AFP
Le président américain Donald Trump au National Building Museum à Washington, États-Unis, le 20 février 2025. CNP/NEWSCOM/SIPA
Poursuivant son offensive contre des institutions éducatives et culturelles américaines, Donald Trump a annoncé mardi 19 août avoir demandé à la justice d’enquêter dans tout le pays sur les musées qu’il accuse d’être « woke », notamment concernant l’histoire de l’esclavage. « Les musées de Washington, mais aussi à travers tout le pays, sont pour l’essentiel les derniers restes du wokisme », a dénoncé le président sur son réseau Truth Social.
« J’ai donné instruction à mes procureurs de passer en revue [la politique des] musées et de commencer exactement le même processus suivi avec les universités, où d’immenses avancées ont été réalisées, a ajouté le milliardaire conservateur. Ce pays ne peut pas être woke car le WOKISME EST FINI ».
La Maison-Blanche avait annoncé la semaine dernière dans un courrier à l’institution qui gère une vingtaine de musées publics de Washington, la Smithsonian Institution, que le gouvernement allait mener un examen approfondi pour s’assurer de leur « alignement » avec la vision de l’Histoire des Etats-Unis prônée par Donald Trump, fondée sur la « vérité et la raison ».
« Révisionnisme historique »
« La Smithsonian est HORS DE CONTRÔLE », a encore tonné Donald Trump, déplorant que les musées de la capitale fédérale présentent selon lui une image « horrible de notre pays, [notamment] sur les méfaits de […] et rien sur sa réussite et son éclat ».
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Le président américain avait signé en mars dernier un décret visant à reprendre le contrôle du contenu des musées de la Smithsonian, qu’il avait déjà accusés de « révisionnisme historique » et d’« endoctrinement idéologique » racial, notamment sous ses prédécesseurs et ennemis politiques Barack Obama (2009-2017) et Joe Biden (2021-2025). Les établissements concernés étaient alors le Musée d’Histoire américaine, le Musée d’Histoire naturelle, le Musée national de l’Histoire et de la Culture afro-américaines (NMAAHC), le Musée des Indiens d’Amérique, le Musée de l’Air et de l’Espace, le Musée Smithsonian d’Art américain, le National Portrait Gallery et le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden.
Et, début août, le « Washington Post » avait rapporté que le Musée d’Histoire américaine avait retiré d’une salle d’exposition toute référence aux deux procédures de destitution du président américain. Le Musée a plus tard assuré que cette référence, temporaire, avait été retirée sans aucune demande venue d’en haut.
Pour l’anniversaire de l’indépendance
Le gouvernement conservateur de Donald Trump s’est plus largement engagé dans une vaste reprise en main des institutions culturelles sur lesquelles il a de l’influence, des musées aux universités, afin de les expurger de ce qu’il considère être des idées progressistes, qui mettent en valeur et soutiennent les minorités.
Le gouvernement américain a justifié ces mesures contre les musées – qui touchent aussi le centre culturel de Washington, le Kennedy Center – par les festivités du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis en 2026. Donald Trump s’est engagé, depuis sept mois, dans une rapide reprise en main d’institutions culturelles et éducatives sur lesquelles il a une influence, des musées aux universités, afin de les expurger de ce qu’il considère être des idées progressistes en faveur des minorités.
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Les termes anglais « woke » et « wokisme » sont empruntés aux luttes afro-américaines, dont la signification est « être éveillé » aux injustices. Ils ont été récupérés et détournés de manière péjorative par des dirigeants et mouvements conservateurs en Europe et aux Etats-Unis, pour dénoncer ce qu’ils jugent être des dérives du militantisme en matière de lutte pour les minorités et contre des injustices sociales et climatiques.