À tout juste 17 ans, Mathis Carnejac trace déjà sa route à grande vitesse dans le sport automobile français. Du karting aux premières victoires en voiture, le jeune pilote nourrit de belles ambitions sans jamais perdre la tête.
En embarquant son bébé de deux ans sur les circuits, Alex Carnejac voulait-il lui transmettre l’amour du sport auto ? Sans aucun doute. Espérait-il en faire un champion ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, le procédé a porté ses fruits. Pour le vérifier, il suffit de jeter un œil à la vitrine remplie de trophées et de coupes dans la mezzanine du karting de Caudecoste (Lot-et-Garonne).
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Mathis Carnejac s’impose comme un espoir prometteur du sport automobile français. Il n’est pas encore tout à fait majeur, mais il a déjà passé une bonne partie de sa vie sur les circuits. L’histoire d’amour commence par le karting. “À cinq ans, mon père m’avait acheté un kart, se remémore Mathis. Je m’entraînais à slalomer sur un terrain de basket entre des plots.”
“J’aime cette sensation de vitesse et de liberté”
Rapidement, le jeune garçon a besoin de sensations. Alors, l’âge légal venu – soit sept ans –, direction les circuits. Puis les compétitions. Le Lot-et-Garonnais s’éclate. “J’aime cette sensation de vitesse et de liberté qu’on n’a pas sur la route, confie-t-il. Quand on double quelqu’un, il y a ce sentiment de fierté. J’aime aussi ces moments de stress avant la course. Sur le moment, ce n’est pas agréable. Mais en y repensant après, c’est plutôt positif.”
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Il s’éclate tellement que les résultats suivent. Champion régional, vice-champion de France… Tous les week-ends (ou presque), le pilote et ses parents arpentent les quatre coins de l’Hexagone. “On l’a toujours fait en famille, glisse Marine, sa belle-mère. Moi, je m’occupe de l’intendance ; son père, de la mécanique. Ce sont de super souvenirs !”
9e place aux championnats du monde
À les écouter, il y en a à la pelle. De son côté, Mathis en garde un tout particulier dans sa tête. Celui de sa participation aux championnats du monde au Bahreïn, en 2021. Forcément un souvenir inoubliable de sa jeune carrière. Période Covid oblige, il est “mis en quarantaine” par ses parents trois semaines avant le départ. Pas d’école, le moins de contact avec le reste du monde possible… Impossible de rater un tel moment.
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En parallèle, le poids sur les épaules de l’adolescent – treize ans à ce moment – est colossal. “Au début, j’avais beaucoup de pression, se rappelle le jeune pilote. C’était le premier gros championnat loin de chez moi, il fallait s’adapter.” Mais pas de panique. Ça fait partie de ses qualités. En témoigne cette neuvième place – premier Français – récoltée.

Deux pole positions à Nogaro
Les années passent, et l’envie d’apprivoiser une machine plus imposante gagne du terrain. Alors, en 2025, le Caudecostois laisse le karting entre parenthèses pour se consacrer à la voiture. Nouvelles sensations, nouvelle façon de piloter… De quoi l’empêcher de performer dès ses débuts ? Ce serait mal le connaître. Début avril dernier, le lycéen participe aux Coupes de Pâques de Nogaro (Gers). Résultat : deux pole positions, deux victoires. Une arrivée en trombe dans ce milieu qui ne peut que le ravir. “Je me sens plus à l’aise, se réjouit le pilote. J’ai la sensation d’être plus protégé. Et puis le monde de la voiture est plus ‘mature’.”
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À présent, l’objectif est de continuer à performer dans le championnat Mitjet 2026. Mathis sait qu’une belle carrière dans le sport auto pourrait l’attendre. Son rêve ultime ? Faire les 24 heures du Mans. Encore au-dessus ? Les gagner. Mais du haut de ses 17 ans, une certaine maturité le caractérise. Si ça ne marche pas, il compte bien assurer ses arrières. Élève de terminale en STI2D au lycée de Baudre à Agen, il vise un diplôme de génie mécanique et productique (GMP). Pour ne jamais rester bien loin du monde de l’automobile. Papa appréciera.

