Auditionné devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le producteur Stéphane Courbit a défendu la rémunération de Nagui.
Le producteur Stéphane Courbit a expliqué que l’animateur de France Télévisions Nagui était “très bien payé” pour son “talent”, sans révéler sa rémunération, mercredi devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.
Stéphane Courbit était auditionné avec d’autres représentants de Banijay Group, qu’il préside et qui a racheté en 2008 Air Productions, la société de Nagui. Animateur télé est “un métier où les talents sont assez rares, c’est pour ça qu’ils sont si bien payés par rapport aux métiers de 99 % des Français”, a déclaré M. Courbit.
“C’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public”
“C’est un peu comme les footballeurs, c’est des gens très bien payés parce qu’ils ont un talent assez unique”, a-t-il ajouté. Nagui, comme Cyril Hanouna qu’il a cité, “ne sont pas très inquiets sur leur avenir” car ils peuvent facilement trouver d’autres acheteurs de leurs productions, a estimé le fondateur de Banijay.
Et leurs chaînes sont, de leur côté, “protégées par des clauses d’audience”, qui permettent de rompre leurs contrats si les téléspectateurs ne sont pas au rendez-vous.
Nagui reste fidèle à France Télé. Mais “c’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public. D’une certaine façon, cela me regarde si je le paie trop ou pas assez”, a fait valoir pour sa part Alexia Laroche-Joubert, PDG de Banijay France, pressée de questions par le rapporteur, le député UDR Charles Alloncle. “C’est normal qu’il ne transmette pas ses fiches de salaire qui concernent le contrat qu’il a avec nous”, a-t-elle insisté.
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“Il s’est le plus enrichie sur l’argent public”
Charles Alloncle a ces derniers mois mis en cause Nagui, “la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public”, pour des “centaines de millions” d’euros selon lui. L’animateur avait répliqué en accusant le député de sous-entendus racistes, et menacé de saisir les tribunaux.
En 2020, Mediapart avait révélé un contrat de 100 millions d’euros entre France Télé et Air Productions, pour plusieurs émissions pendant trois ans, dont le jeu quotidien “N’oubliez pas les paroles” et le programme musical “Taratata”.
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“On n’est pas dépendants”
“N’oubliez pas les paroles” est la seule émission, avec Télématin, qui rapporte à France Télévisions davantage de revenus publicitaires que son coût. Elle représente même 10 % des revenus publicitaires du groupe, d’après Mme Laroche-Joubert.
France Télé compte pour 1 % du chiffre d’affaires mondial de Banijay Group, et 30 % des revenus en France. “On n’est pas dépendants” du groupe public, a souligné François Riahi, directeur général du géant du divertissement, dont plus de 80 % sont des actionnaires français.

