La précarité agricole s’aggrave en Occitanie. Plus d’un agriculteur sur deux vit avec moins que le Smic selon l’Observatoire de la rémunération agricole équitable. Son dernier rapport montre des signes d’une crise rurale durable.
En Occitanie, le quotidien de plus d’un agriculteur sur deux est marqué par la précarité : 29 600 exploitants, soit 57 % de la profession, perçoivent une rémunération inférieure au Smic. Un chiffre alarmant révélé par l’Observatoire de la rémunération agricole équitable.
Cet organisme indique qu’il manque annuellement 808 millions d’euros pour assurer un revenu décent à l’ensemble des professionnels du secteur. Une somme qui a quasiment doublé par rapport à la moyenne de 478 millions d’euros (2015-2022).
La région subit une précarité durable, avec une part de travailleurs concernés supérieure à 50 % presque chaque année. Cette fragilité économique s’est intensifiée de deux points en une décennie.
Des filières stratégiques en difficulté
L’étude souligne que l’insécurité financière frappe les productions emblématiques du Sud-Ouest. Le secteur des céréales et des oléoprotéagineux est le plus impacté, avec 65 % d’exploitants rémunérés sous le salaire minimum. Ce constat accablant se décline dans toutes les spécialités : 58 % dans l’élevage bovin, 54 % en viticulture et arboriculture, et jusqu’à un éleveur d’ovins ou de caprins sur deux.
Le besoin de financement pour garantir un revenu équitable a donc bondi, illustrant une dégradation structurelle de l’économie rurale. “Cette évolution traduit une précarisation progressive des exploitations, dont les revenus s’éloignent de plus en plus du seuil du Smic, rendant plus difficile l’investissement, la transmission des exploitations et la stabilité économique des territoires agricoles”, déplore l’Observatoire.

