Premier jour de performance pour l’artiste toulousain Damien Aspe, qui s’est volontairement enfermé ce lundi 27 avril dans une cage en vitrine de la galerie Inessential Space, place de la Daurade, pour une durée d’un mois. Passants intrigués, regards en coin, doubles prises : le choc visuel fonctionne. Reportage.
Au détour de la place de la Daurade, au gré des quelques passants en seconde semaine des vacances scolaires, une silhouette en combinaison orange se trouve derrière une vitre. Il s’agit de l’artiste multimédia toulousain Damien Aspe, dans une cage de sa galerie de l’Inessential Space.
Le “pénitencier des GAFAM”
Les passants s’arrêtent, repartent, reviennent à l’artiste enfermé. Damien Aspe a commencé sa performance mensuelle de “détention préventive volontaire”, dénommée “The Damian Show” ce lundi 27 avril à 14 h dans une cage de 2 mètres par 2, dont les dimensions correspondent exactement au ratio de mètres carrés par détenu dans les prisons françaises surpeuplées.
Sur sa combinaison orange : l’inscription “GAFAM Penitentiary” (“pénitencier des GAFAM, plateformes numériques” en français). Ce premier jour, souriant, il use volontiers des outils électroniques dont il dénonce précisément l’emprise. Il ne peint pas encore, il le fera.
Les réactions des passants oscillent entre stupeur et amusement. Jade et Stéphanie Brunel, mère et fille, venues passer la journée à Toulouse en famille, s’arrêtent, perplexes mais amusées. “On pensait que c’était un photographe et que c’était un coin photo”, avoue Stéphanie.

Sa fille Jade, étudiante dans l’inclusion sociale, avait quant à elle une autre première impression : “Ça m’a fait penser à Prison Break, avec la tenue orange et les barreaux.” Une fois le contexte expliqué, leur regard change. “C’est une emprise dont on ne peut pas se défaire”, affirme Jade.
“Je n’avais jamais vu ça à Toulouse”
Steven, étudiant en informatique, n’avait pas non plus deviné la démarche. “Cela m’a surpris un peu, je n’ai jamais vu ça à Toulouse”, considère-t-il. Il reconnaît volontiers la pertinence du propos : “Le téléphone nous a un peu emprisonnés.” Un groupe d’amis ayant souhaité rester anonymes, eux, jugent que la démarche manque encore de lisibilité : “Ça peut faire réfléchir, mais il faudrait qu’il explique un petit peu ce qu’il fait.” Une passante visiblement touchée, plus que les autres, confie : “Je comprends la démarche. Artistiquement, je suis tout à fait d’accord.” Avant d’ajouter, décontenancée : “Cela me fait quand même drôle de le voir enfermé.”

Le projet se déploie en trois temps. Après un mois “d’incarcération”, Damien Aspe comparaîtra le 27 mai au tribunal judiciaire de Toulouse dans un procès en audience publique, né de la censure d’une image générée par IA. Intitulée “L’autocratie guidant ses ouailles” et inspirée de “La Liberté guidant le peuple” de Delacroix, cette œuvre devrait être exposée, selon l’artiste, le 27 mai prochain dans sa galerie Inessential Space.

