Il a fait sourire des millions de téléspectateurs avec son franc-parler et son “bon sens paysan”. Aujourd’hui, Jean-Louis At, éleveur tarnais star de “L’Amour est dans le pré”, se lance un défi inattendu : créer sa propre marque de vêtements, locale et engagée, avec sa compagne Sophie.
“Si on m’avait dit qu’avec mes vaches et mon huile de cameline, je finirais par lancer une marque de fringues, je t’aurais répondu : mon petit, tu es complètement givré !” (rires). Et pourtant… Révélés au grand public par l’émission phare de M6 “L’Amour est dans le pré”, Jean-Louis At et sa compagne Sophie s’apprêtent à vivre leur première Saint-Valentin ensemble. Un cap symbolique, doublé d’un pari pour le moins inattendu : la création de leur propre marque de vêtements.

À 54 ans, l’agriculteur tarnais installé à Cagnac-les-Mines ne s’attendait pas à troquer, même partiellement, ses bottes contre des t-shirts. L’idée a germé presque par hasard. “À Noël dernier, ma sœur m’a offert un t-shirt personnalisé. J’ai adoré. Et là, ça a fait tilt. Je me suis dit : mais c’est exactement ça qu’il faut faire !” Quelques semaines plus tard, le projet était lancé, à quatre mains, avec Sophie.
Restait à lui donner un nom. Là encore, Jean-Louis n’a pas hésité longtemps. “Lo biaïs, en patois, ça veut dire le bon sens paysan, la logique. Mon grand-père utilisait cette expression tout le temps. C’était une évidence, une façon de lui rendre hommage.” Une expression déjà bien connue des fidèles de l’émission, puisque Karine Le Marchand elle-même avait été interpellée par ce mot devenu, au fil des épisodes, une sorte de signature.

Imprimé et créé dans le Tarn
Aujourd’hui, Jean-Louis s’essaie à un rôle inédit : celui de mannequin. Sous l’objectif de Sophie, il pose pour incarner l’univers de “Lo Biaïs”, une marque qui se veut simple, authentique et résolument locale. La première collection joue la carte de la diversité : t-shirts, sweats à capuche, tabliers de cuisine et, bien sûr, bérets, pour hommes comme pour femmes. Certains modèles affichent le visage de l’agriculteur, d’autres mettent en avant la croix occitane ou des tournesols, clin d’œil appuyé au territoire.

Les vêtements sont confectionnés à Albi par la société Kapitales, et revendiquent fièrement leur ADN local : créés et imprimés dans le Tarn. Ils sont proposés à la vente sur le site Internet de la marque, mais aussi en direct, sur les marchés du département, où le couple assurera bientôt lui-même la rencontre avec le public. Les prix oscillent entre 30 et 50 euros. “La semaine dernière, on était au marché L’Amour est dans le pré à Lescout, autour de la truffe. Les gens ont découvert notre projet sur place. Ils étaient surpris… mais vu ce qu’on a vendu, on peut dire qu’ils ont largement adhéré”, sourit Jean-Louis.
Un projet pour “respirer un peu”
Si cette aventure textile amuse, elle répond aussi à un besoin plus profond. Fier de son métier, Jean-Louis At s’apprête à monter au Salon de l’agriculture, bien décidé à porter la voix “d’une profession dans une panade inimaginable”, notamment à cause de la dermatose qui frappe durement les élevages.
Derrière “Lo Biaïs”, il y a aussi l’envie de souffler. “J’avais besoin de me vider un peu la tête, de prendre une bouffée d’air”, confie l’agriculteur, lucide sur la dureté du quotidien. “Les temps sont tellement durs pour nous que se diversifier devient presque indispensable. Ce projet, on l’a monté très vite avec Sophie. C’est une marque à notre image : sincère, simple et authentique.” Preuve en est que l’amour peut aussi être dans le prêt-à-porter !

