Alors que le procès de Bachar Al-Assad s’est ouvert par contumace à Damas le 26 avril 2026, l’ancien dirigeant syrien mène une existence protégée et luxueuse en Russie. Entre villas fortifiées à Moscou et retour à l’ophtalmologie, le clan Assad jouit d’une retraite dorée sous l’œil vigilant du Kremlin, loin des tribunaux de la transition syrienne.
La justice finit toujours par frapper à la porte, même si l’accusé est à 2 500 kilomètres de là. Tandis que les premiers procès de la justice transitionnelle commencent en Syrie pour juger les crimes de guerre du régime déchu, Bachar al-Assad demeure introuvable dans son pays, abrité par son allié de toujours, Vladimir Poutine.
Un procès historique sans les principaux coupables
L’heure des comptes a sonné au palais de justice de Damas. Ce dimanche 26 avril, une audience préliminaire a marqué l’ouverture du procès contre Bachar al-Assad, son frère Maher et leur entourage pour les exactions commises depuis 2011. Si le cousin du dictateur, Atef Najib, a comparu “menotté et en tenue rayée de prisonnier”, les deux frères Assad seront jugés par contumace, selon l’AFP. Le juge Fakhr al-Din al-Aryan a été clair : “Aujourd’hui, nous entamons les premiers procès relevant de la justice transitionnelle en Syrie”.
La vie de château dans la banlieue de Moscou
Pendant que ses anciens subordonnés font face aux juges, Bachar al-Assad profite du faste moscovite. Selon le New York Times, après la chute du régime syrien, fin 2024, le clan a d’abord séjourné dans des résidences du Four Seasons à 13 000 dollars la semaine avant de s’installer à la Roublevka, le quartier ultra-sélect des oligarques.
Entre des dîners au restaurant Sixty au 62e étage d’un gratte-ciel et des réceptions extravagantes pour les 22 ans de sa fille Zein, l’exil ressemble fort à une “retraite dorée”. Sa fortune familiale, estimée entre un et deux milliards de dollars, semblait être restée intacte au début de cette année.
Silence politique et retour au scalpel
La protection russe a toutefois un prix : l’effacement total. Le Kremlin impose un silence médiatique absolu à l’ancien dictateur. Devenu “insignifiant” aux yeux de Poutine, selon The Guardian, l’ex-dirigeant s’adonnerait à de nouveaux passe-temps : les jeux vidéo ou encore la reprise de ses études d’ophtalmologie, sa profession initiale.
Un proche confie même qu’il pourrait envisager de “pratiquer auprès d’une clientèle aisée en Russie”. Une reconversion pacifique qui contraste violemment avec les 500 000 morts laissés derrière lui en Syrie.

