April 26, 2026

Ancien agent immobilier, elle plaque tout à Toulouse pour ouvrir une échoppe de presse hors du commun, "c’est ma seconde maison"

l’essentiel
Place Lafourcade à Toulouse, le rideau métallique se lève sur une scène inhabituelle. Entre les journaux, des affiches cultes et des vinyles s’étalent sous les yeux des passants médusés. Ingrid vient de transformer son banal kiosque à journaux en un véritable sanctuaire.

“L’échoppe around the corner” : c’est ainsi que les habitués surnomment le kiosque de la place Lafourcade, à Toulouse, tenu par Ingrid. “Mon conjoint Franck est bouquiniste-affichiste, explique-t-elle. À l’époque, j’évoluais dans l’immobilier, mais je ressentais le besoin d’une reconversion. Je voulais surtout partager ma passion des livres, du cinéma et vivre au contact du public. Un kiosque de presse rassemblait tous ces aspects.” En apprenant que l’ancienne employée quittait son poste, Ingrid a immédiatement sollicité Mediakiosk, filiale de JCDecaux, pour obtenir l’autorisation d’occupation du domaine public.

Saisissant l’occasion, elle s’est sans attendre approprié son nouveau local. “L’activité a tout de suite fonctionné, se réjouit-elle. Ce lieu a séduit une clientèle fidèle qui vient aussi pour savourer un café, un thé ou un jus de fruit.” Cette personnalisation du lieu a transformé le simple point de vente en une escale conviviale. Très vite, les clients ont adopté le nom d’usage “L’échoppe around the corner”, un clin d’œil qui l’a ravie. “J’ai voulu lui donner le meilleur en soignant la décoration. Pour moi, c’est presque devenu une seconde maison.”

Entre presse et brocante : le cabinet de curiosités de la place Lafourcade

Pour lancer son activité, Ingrid a choisi de proposer, en parallèle de la presse quotidienne comme La Dépêche du Midi, une sélection de livres et d’affiches de cinéma. “Le 7e art et la littérature sont de vraies passions, assure-t-elle. Ici, le client peut repartir avec l’affiche d’un film culte. J’ai aussi ajouté un rayon jeunesse pour redonner aux enfants l’envie de tourner des pages plutôt que de fixer des écrans.”

CD et vinyles trônent également sur les comptoirs de ce kiosque atypique, qui s’apparente désormais à un cabinet de curiosités. “Je veux que le client déambule comme dans une maison, entouré d’objets aimés”, remarque-t-elle. C’est dans cet esprit qu’elle a intégré une sélection de bijoux et une petite brocante chinée. En parcourant l’étal, on découvre des poupées Barbie, des boîtes secrètes, de la vaisselle ancienne ou des cadres.

Ce melting-pot séduit les passants, qui y découvrent aussi des toiles d’artistes locaux, à l’instar du street-artiste Arnaud Ingrand (alias KPLNDA), dont les œuvres ornent les boîtes aux lettres toulousaines. “J’aime écouter les réflexions des gens, parfois étonnés par ce déballage de qualité, confie Ingrid. Ils savourent l’ambiance de ce lieu de vie.” Si les kiosques ont pu marquer le pas ces dernières années, ils connaissent aujourd’hui un second souffle à Toulouse, à l’image de ceux de Saint-Cyprien ou de François-Verdier, eux aussi ranimés par des passionnés.

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