La FFR a été mise en examen pour homicide involontaire dans le cadre de l’affaire Narjissi. Édouard Martial, avocat de la famille du jeune rugbyman disparu, réagit à cette décision de la justice.
La Fédération française de rugby (FFR) a été mise en examen pour homicide involontaire dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après la disparition en mer du jeune joueur Mehdi Narjissi en 2024. Quelle est votre première réaction ?
C’est une décision qui me paraît logique dans cette affaire. C’est une étape très importante aux yeux de la famille Narjissi. Si cette mise en examen est confirmée, c’est évidemment une satisfaction. Je pense à Jalil, Valérie et Inès qui attendaient cette mise en examen, tant il y a eu des manquements et des dysfonctionnements de la fédération à l’occasion de ce déplacement.
À lire aussi :
Disparition de Medhi Narjissi : la Fédération française de rugby mise en examen pour homicide involontaire
Qu’est-ce que cette mise en examen représente pour vous ?
La responsabilité de la FFR a été affirmée. Ce n’est pas une culpabilité. Mais cette responsabilité va se discuter. Avec des charges et des éléments à décharge. Les Narjissi ne craignent pas le débat contradictoire et y sont même favorables. Ils ne l’ont jamais fui.
À lire aussi :
Disparition de Medhi Narjissi : La FFR convoquée ce vendredi au tribunal d’Agen, pourquoi ce moment est “capital” dans l’affaire
La FFR reconnaît des lacunes, mais ne se tient pas responsable de ce qui s’est passé. Quel est votre point de vue ?
Monsieur Florian Grill, ès qualités de président de la FFR, immédiatement après le drame, a dit à quel point il assumerait cette responsabilité morale. Avec le temps qui passe, lui et sa fédération ont l’art de chercher des fusibles. Effectivement, deux personnes ont été mises en examen pour les fautes commises sur la plage. Mais ils ont oublié l’essentiel : la sécurité vis-à-vis des mineurs. L’équipe de France des U18 a été envoyée en Afrique du Sud, avec un encadrement spécifique. Je pense que Monsieur Grill l’ignore. Ça, les Narjissi ne le tolèrent pas. On ne peut pas s’exonérer avec cette légèreté. On se chargera de lui rappeler dès lors qu’un débat public sera organisé.
À quoi s’attendre pour la suite des événements ?
Il y a peut-être à envisager d’autres responsabilités. Je rappelle qu’il y a un spectacle, à savoir neuf adultes qui sont sur la plage de Días Beach, qui regardent un jeune garçon de 16 ans qui essaye de sauver son copain en proie aux vagues. On verra comment la justice traite ce dernier aspect du dossier. Les Narjissi, là aussi, attendent et y croient beaucoup.

