Un alpiniste célèbre sur les réseaux sociaux raconte comment une erreur lui a coûté un doigt lors de son ascension de l’Everest. Après avoir retiré son gant, son doigt a irrémédiablement gelé et Madhusudan Patidar a été contraint de l’amputer.
Madhusudan Patidar, un influenceur connu sous le nom de “adventurist feed” et suivi par près de 500 000 abonnés, a récemment raconté sur Instagram comment il avait “perdu un doigt sur l’Everest”.
“J’étais à 8 400 mètres d’altitude en 2017”, retrace-t-il, il y décrit “un froid tellement froid qu’on ne le sent plus”. Il explique ensuite le phénomène de vasoconstriction qui fait que le corps humain envoie le sang des extrémités vers les organes vitaux lorsqu’il peine à le faire circuler pour une quelconque raison.
“À un peu plus de 8 000 mètres d’altitude, j’ai brièvement retiré mon gant extérieur pour ajuster mon matériel photo”, explique-t-il, estimant ce laps de temps à “4 minutes”, qui plus est “par -35 °C, avec du vent”. Il connaît pourtant la règle : ne jamais se découvrir “au-delà des 7 000 mètres”.
Sensibiliser à partir de cette histoire
Il raconte cette histoire pour faire comprendre que le danger de la montagne ne se résume pas à “une tempête”, du “mauvais équipement” ou de “l’épuisement”, il peut aussi prendre la forme d’une “petite décision qui paraissait complètement raisonnable sur le moment”.
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“Lorsque je suis arrivé au camp de base, je savais déjà que quelque chose n’allait pas”, se souvient Madhusudan Patidar. “Mon petit doigt gauche était atteint d’une engelure profonde. Les tissus avaient disparu. Il n’y avait plus rien à faire”, détaille l’alpiniste sur ses réseaux sociaux. À une telle altitude, il a été contraint de poursuivre sa descente sans soins.
Une absence d’hôpital qui a eu “pour conséquence que les gelures se sont propagées encore davantage”. Pire, à son retour, il n’a pas les moyens financiers de se payer l’intervention médicale nécessaire. Pourtant, à cet instant, ses cellules sont déjà mortes et de la glace s’est formée à l’intérieur de ses tissus.
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“J’ai attendu trois mois. J’ai même gravi deux autres sommets de plus de 6000 mètres avec un doigt noirci par les engelures”, rapporte-t-il. Finalement, lorsque les médecins interviennent, ils sont contraints de lui amputer le doigt. “Perdre un doigt vous apprend que la montagne ne fait pas de distinction entre les grandes erreurs et les petites”, assure-t-il aujourd’hui. Depuis, il a repris les expéditions et forme les autres alpinistes en les sensibilisant à partir de son histoire.

