April 23, 2026

Pro D2 : débuts à 19 ans, adaptation difficile à la France et Paris… L’étonnante trajectoire d’Atonio Ulutuipalelei, le Wallisien de Colomiers

l’essentiel
Atonio Ulutuipalelei, davantage un homme de Nationale, est arrivé à Bendichou sur la pointe des pieds l’été dernier. Il cache pourtant un parcours étonnant, depuis son île natale jusqu’à ses débuts en région parisienne.

Il était arrivé lors de la dernière intersaison, dans un relatif anonymat. Pire, il n’aura pas pu jouer avant le mois de décembre, la faute à une blessure au mollet récalcitrante, survenue lors de la préparation. Mais qui est Atonio Ulutuipalelei ? Il faut dire que sa discrétion tranche avec son « physique avantageux pour le rugby », dixit Aurélien Béco. Pour les inconditionnels du Pro D2, il faut remonter à la saison 2020-2021 quand ce puissant pilier droit (1,86 m, 135 kg) avait disputé ses trois premiers matchs en professionnels, après une expérience en Fédérale 1 avec Rennes.

Son parcours est décidément atypique, depuis ses tout débuts, à l’âge de 19 ans (!), en région parisienne : « Je venais de finir un bac pro commerce et je voulais poursuivre là-dedans quand je suis arrivé en France ».

Tant pis s’il quitte son « paradis », Wallis, sa terre natale. Les opportunités dans cet archipel d’îles microscopiques du Pacifique sont limitées et il est vital de poursuivre les études en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti voire en métropole. « Petit, j’aimais bien le rugby, mais mes parents ne voulaient pas que j’en fasse. Je faisais du javelot, du lancer de poids et de disques à Wallis. J’ai enfin voulu me lancer et j’ai commencé à Tremblay-en-France (93). C’est là où j’ai fait mes premières passes. Et après deux mois, je suis parti en test chez les espoirs du Racing 92. Progressivement, je suis passé du tutorat avec Tremblay jusqu’à jouer régulièrement avec le Racing. »

Des premiers mois en France difficiles

« Les premiers mois sont intenses », reconnaît-il. En dépit de la présence de sa sœur, chez qui il loge, il subit un climat bien éloigné de ses habitudes. Mais : « ce qui m’a impacté le plus, ce sont les trajets. Entre les cours et les entraînements, à Paris, j’en avais pour une heure le matin et une heure le soir. C’était dur. »

Au sortir de ses années espoirs, il se retrouve à Rennes pour peaufiner sa formation. « C’est grâce à Mikaele Tuugahala (Wallisien aussi, ex-pilier de Mont-de-Marsan et du Racing) que j’en suis là. Au Racing, quand les autres étaient en repos, il m’accompagnait sur le plaquage, les rucks, la mêlée surtout. Jusqu’à arriver à Rennes. Ça n’est qu’une fois que j’ai rattrapé mon retard qu’il m’a laissé un peu tranquille. »

Demain, à Biarritz, où Colomiers voudra conforter sa deuxième place, lui voudra prouver sa valeur à un mois de la phase finale.

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