Les mesures de sécurité ont été renforcées à Islamabad, dans l’optique des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. AAMIR QURESHI/AFP
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Téhéran ne compte pas participer à de nouvelles négociations avec Washington, a rapporté la télévision d’Etat iranienne, même si une délégation américaine doit arriver ce lundi 20 avril au Pakistan afin de relancer les pourparlers de paix à deux jours de l’expiration du cessez-le-feu.
• JD Vance bientôt de retour au Pakistan
Une délégation américaine partira « bientôt » pour le Pakistan afin d’y mener des discussions avec l’Iran, a indiqué lundi à l’AFP une source proche du dossier, tandis que Donald Trump juge « très improbable » de prolonger l’ultimatum qu’il a donné à Téhéran, censé expirer « mercredi soir, heure américaine ».
Cette précision arrive peu après que le président américain a affirmé ce lundi au New York Post que les négociateurs américains, emmenés par le vice-président JD Vance, étaient déjà en route, et alors que Téhéran assure n’avoir pas pris de décision sur la reprise de pourparlers.
Interrogé par une journaliste de la chaîne PBS sur ce qu’il attendait d’un éventuel accord avec Téhéran, il a dit : « pas d’armes nucléaires. C’est très simple. » Si les revendications américaines ne sont pas satisfaites d’ici là, « beaucoup de bombes exploseront », a averti le président américain.
• « Aucune perspective claire de négociations fructueuses »
La télévision d’Etat iranienne (Irib), a affirmé que Téhéran n’avait « actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran Etats-Unis », tandis que l’agence officielle Irna a affirmé qu’il n’existe « aucune perspective claire de négociations fructueuses ». Plusieurs médias iraniens avancent en outre qu’une levée du blocus naval américain serait une condition préalable à ces pourparlers. Une question rendue encore plus compliquée avec l’annonce dimanche de la saisie par la marine américaine d’un cargo iranien dans le golfe d’Oman.
Malgré l’incertitude d’une participation iranienne, Donald Trump avait annoncé dimanche envoyer au Pakistan JD Vance, qui avait déjà mené la délégation à Islamabad le 11 avril pour des discussions à un niveau inédit, celles-ci s’étant conclues par un échec. Annonçant l’arrivée de la délégation pour lundi soir, le président américain a affirmé sur sa plateforme Truth Social offrir à l’Iran un « deal raisonnable » et qu’en cas de refus, « les Etats-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran ».
• L’Iran promet de « riposter bientôt » à la saisie d’un cargo par les Etats-Unis
L’Iran a promis ce lundi de « riposter bientôt » à la prise de contrôle par la marine américaine d’un de ses cargos, le porte-parole de l’état-major iranien qualifiant cette saisie d’« acte de piraterie armée ». Donald Trump avait annoncé plus tôt que la marine américaine avait ouvert le feu sur le cargo iranien Touska dans le golfe d’Oman et en avait pris le contrôle. Le navire « a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Le cargo Touska, battant pavillon iranien, « a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Téhéran, par la voix du porte-parole de l’état-major, a promis de son côté de « riposter bientôt » contre cet « acte de piraterie armée ».
• Macron juge le blocage du détroit d’Ormuz comme une « erreur des deux côtés »
Alors que le détroit d’Ormuz, enjeu majeur du conflit au Moyen Orient, est toujours bloqué et que les cours du pétrole sont en forte hausse, Emmanuel Macron a appelé ce lundi à la désescalade, et a dénoncé une « erreur des deux côtés » concernant ce passage maritime stratégique.
« Il est vraisemblable que site à la décision américaine de maintenir un blocus ciblé sur Ormuz (…) les autorités iraniennes ont changé leur position initiale » a ajouté le président français lors d’une conférence de presse à Gdansk en Pologne.
• Iran et Etats-Unis dénoncent des violations du cessez-le-feu
Au-delà des négociations, Washington et Téhéran continuent de s’affronter autour du détroit d’Ormuz, et de dénoncer réciproquement des violations du cessez-le-feu. Avant l’annonce de la saisie du cargo, Donald Trump avait dénoncé des attaques attribuées à l’Iran contre plusieurs navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit. Un navire de la CMA CGM a ainsi fait l’objet samedi de « tirs de semonce », a indiqué dimanche à l’AFP le groupe français de transport maritime.
L’Iran avait annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit, revenant sur sa décision de la veille de le rouvrir en raison du blocus américain. Dimanche, les passages du détroit étaient réduits à zéro, selon le site Marine Traffic. Téhéran pensait, en ouvrant le détroit vendredi, que « les Etats-Unis répondraient en levant le blocus », relève Vali Nasr, professeur en relations internationales à l’université américaine Johns Hopkins. Mais son maintien « n’a fait que nourrir la suspicion de l’Iran » sur le fait que les discussions d’Islamabad « ne sont qu’une ruse diplomatique avant une autre attaque militaire », ajoute-t-il.

