April 19, 2026

Dans les coulisses de Médiamétrie : comment sont mesurées les audiences de vos programmes télé préférés ?

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L’institut d’études Médiamétrie, basé en région parisienne, mesure les audiences de la télévision française depuis 1985. Décryptage d’un système bien rodé qui essaie de s’adapter aux nouveaux modes de consommation des Français.

Le lancement de la 22e saison de “Grey’s Anatomy”, au soir du mercredi 15 avril 2026 sur TF1, a connu le plus grand succès de ce prime time, avec un peu plus de deux millions de téléspectateurs, soit près de 12 % de part d’audience. Le documentaire consacré à François Ravaillac, dans le cadre des “Secrets d’Histoire” présentés par Stéphane Bern sur France 3, s’est classé deuxième avec environ un million et demi de paires d’yeux. Il est talonné par le premier épisode de Phoenix, sur France 2, distancé d’approximativement 60 000 visionneurs.

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Afin de connaître avec précision, dès le matin du 16 avril, ces mesures d’audience (appelées Médiamat dans le jargon), l’institut d’études Médiamétrie, basé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), n’a cessé de parfaire, depuis sa création en 1985, une méthode la plus précise possible. L’organisme a ouvert à La Dépêche du Midi les portes de son bâtiment de quatre étages à la façade grise et blanche quasiment anonyme pour livrer les secrets de ses outils d’analyse.

Plus de 700 collaborateurs pour analyser les audiences

Ces dernières, très scrutées, font la pluie et le beau temps dans l’audiovisuel français. “Médiamétrie peut compter sur le travail de 700 collaborateurs, dont certains sont basés à Amiens (Somme), introduit Isabelle Maurice, directrice Études, veille et prospective. Tous les matins, à 9 heures, nous adressons à nos clients, qui sont des chaînes, des régies publicitaires, etc., les audiences TV de la veille.” Pour ce faire, l’institut d’études a rodé un circuit basé sur deux panels de 5 000 foyers, constitués de sorte à représenter la sociologie française afin de pouvoir extrapoler leurs résultats sur l’ensemble de la population.

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Les membres du premier des deux panels sont équipés d’un audimètre, à savoir une espèce de petite tablette, branchée au téléviseur. Une télécommande supplémentaire accompagne ce dispositif et comporte une touche correspondant à chaque individu du foyer, afin de permettre de signaler qui regarde le petit écran quand il est allumé. “Chaque panéliste doit se déclarer quand il commence à regarder la télévision et se dé-déclarer avant de quitter la pièce”, indique Jérôme Meric, directeur des systèmes de mesure. Pour ensuite associer un membre du foyer, un moment de visionnage et un programme, cela ne suffit pas. Médiamétrie s’appuie donc sur la technologie du watermarking. “Chaque chaîne a une marque audio que l’oreille humaine n’entend pas mais que notre audimètre repère”, poursuit Jérôme Meric.

Une technologie qui s’adapte aux usages

Le second panel, équipé pour sa part d’une montre connectée, repose lui aussi sur cette technique. Il permet pour sa part de mesurer l’audience sur les autres écrans que le téléviseur et aussi hors du domicile, comme les matches de foot dans les bars. Médiamétrie adapte ses méthodes de mesure à la nouvelle donne des plateformes, comme Netflix, Disney+ et Prime Video. Il déploie donc depuis septembre 2025 une nouvelle mesure. “Nous utilisons un nouvel outil, le Streaming Meter, que l’on branche sur la box Internet du panéliste, explique Christophe Oddou, directeur de l’innovation. Celui-ci va voir passer tout le trafic du foyer et reconnaître les noms de domaine. Ensuite, le système technique ressemble un peu au fonctionnement de l’application Shazam pour reconnaître le programme précis.”

Responsable du “marketing transverse”, Cyril Joseph constate le chemin parcouru : “Nous avons commencé avec des carnets d’écoute envoyés par la Poste… Et, maintenant, on en est là !” Comme il le rappelle, “l’offre s’est considérablement fragmentée, passant de quelques chaînes à des dizaines et dizaines de plateformes”. Dans ce contexte, les audiences de Médiamétrie sont très attendues car, en plus de donner les rapports de force, elles servent aussi, et surtout, de références aux chaînes pour négocier les contrats publicitaires.

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