La boutique de décoration et de linge de maison Bouchara, à Agen, est sous la menace d’une fermeture. La faute à une situation économique délicate pour le groupe.
C’est une véritable locomotive du cœur d’Agen. Une vitrine plus que familière depuis bien des années. Une de ces enseignes que l’on pourrait croire immuables. Malheureusement, elle pourrait bientôt baisser le rideau.
Une persistante menace de fermeture plane sur Bouchara, magasin spécialisé dans le linge de maison et la décoration. La boutique située au numéro 38 du boulevard de la République fait partie d’un réseau de 52 enseignes à travers la France métropolitaine.
Un placement en redressement judiciaire
Nationalement, la situation n’est pas au beau fixe. Le 21 janvier dernier, Bouchara a demandé son placement en redressement judiciaire. La direction avait justifié sa demande par “un environnement de marché durablement contraint”, “une baisse des dépenses des ménages” et une concurrence qui s’intensifie, notamment de la part des “acteurs à bas prix et du e-commerce”.
Depuis le 10 avril, plusieurs offres de reprise sont examinées au tribunal de commerce de Paris. L’instance se prononcera le 11 mai prochain sur ces offres.
Des offres de rachat partielles
D’ici là, difficile de savoir si la boutique agenaise survivra ou non. Car les offres de rachat formulées sont partielles. Autrement dit, “il y a des magasins qui font partie de certains projets de reprise et pas d’autres”, précise la communication de Bouchara. Dans l’enseigne du Boul’, on se refuse à toute communication.
Alors chez certains clients, lorsque l’information tombe, la surprise est de mise. Nadine (*), elle, n’était pas au courant de la situation délicate dans laquelle se trouvait l’enseigne. Elle fait les gros yeux. “Pourtant, ça avait l’air de bien marcher, s’étonne-t-elle. Les produits sont de qualité.”
“Les gens n’ont plus de pouvoir d’achat”
Cette menace de fermeture s’inscrit dans un contexte économique national peu favorable… qui exaspère certains. “Il ne fait pas bon d’entreprendre en ce moment, lâche un passant remonté, quelques minutes plus tard. Que voulez-vous ? Les gens n’ont plus de pouvoir d’achat. Pour certains, c’est déjà compliqué de remplir le frigo, alors dépenser de l’argent dans quelque chose qui n’est pas un besoin primaire, ce n’est même pas la peine d’y penser…”
Bouchara fait partie des piliers du commerce du centre-ville agenais. À l’époque implantée dans le boulevard de la République sous l’enseigne Eurodif, elle avait changé d’identité en 2017. La société s’était vue confier la licence des produits Bouchara, qu’elle distribuait déjà au sein de son réseau depuis les années 1990. L’histoire se poursuivra-t-elle ? Rendez-vous le 11 mai.

