La justice leur a donné raison en septembre dernier, mais Georgette et David n’ont réussi à récupérer les clefs de leur maison occupée illégalement depuis des années que… ce vendredi 10 avril. Depuis, ils font l’inventaire des dégâts et des travaux de remise en état qui les attendent.
Le rêve d’une vie : s’installer dans le Midi, où se trouvent ses racines familiales : Georgette, 78 ans, retraitée des Postes et qui a fait toute sa carrière en région parisienne, est née au Fossat et sa sœur vivait à Pamiers, dans la rue où elle a décidé d’acheter une maison en 1999.
“C’était pour ma retraite, toutes mes économies”, explique-t-elle. Mais ce rêve s’est transformé en cauchemar : vingt ans de conflits et de procédures contre un occupant indélicat, condamné par la justice en septembre dernier, et qui a finalement quitté les lieux voici quelques jours.
La liste sans fin des dommages
“Nous avons réussi à récupérer les clefs vendredi : il les a laissées chez l’huissier”, note David, le mari de Georgette. “Il a aussi laissé tout ça”, ponctue-t-il en montrant l’énorme désordre du garage, l’air dépité. Depuis vendredi, en effet, le couple fait le triste inventaire des dégradations subies par leur bien. Dernière découverte en date : “du ciment et de la terre ont été déversés dans les canalisations”, prétend David, qui envisage de déposer une nouvelle plainte… pour dégradations volontaires du bien d’autrui.
Georgette, de son côté, dresse la liste sans fin des dommages subis par la petite maison de 90 m2, nichée dans une petite rue de Pamiers, au cœur du centre historique. Aucune des pièces n’y échappe. “À part la chambre, peut-être”, ajoute la dame âgée.

Placards cassés, humidité, prises arrachées…
Elle montre ainsi les portes des placards cassées, les lourdes traces d’humidité au plafond du séjour, le lavabo de la salle de bains fendu, la porte de la douche disparue, les carreaux cassés… L’électricité semble à refaire : des prises ont été arrachées. Des fils nus apparaissent par endroits. “Il y avait une ampoule, là”, constate la retraitée en montrant le mur de la terrasse où pendent des câbles.
Dans toutes ses pièces, le logement est dans un état de saleté repoussant. L’abattant des toilettes a été posé contre un mur. Une fenêtre de la cuisine est coincée. Elle montre le lavabo : “Le siphon a été enlevé, ce n’est pas du sabotage ça”, soupire Georgette. “Je suis au trente-sixième dessous”, ajoute-t-elle.
Des années de lutte

Ce retour tant attendu dans ses murs s’est transformé en calvaire. C’est également l’épilogue d’années de lutte et de conflits juridiques. La justice a rendu sa décision au mois de septembre dernier, après une très longue attente : la première plainte avait été déposée en août 2022. Le procès du locataire indélicat avait été reporté à plusieurs reprises, au point d’irriter le président du tribunal, ulcéré par ses demandes successives.
La justice a finalement donné raison à Georgette, condamnant son locataire à lui payer 70 000 € de dommages et intérêts. “Il y a 16 000 € d’impayés de loyers compris dans cette somme”, note la retraitée (1).
À lire aussi :
Maison “squattée” à Pamiers : sans bail, le “locataire” de Georgette refuse toujours de quitter les lieux
Une seule idée : réparer et vendre

Dans cette petite maison, ce locataire, d’abord chargé de faire quelques travaux, s’était senti chez lui. Il y aurait installé aussi des membres de sa famille, sa propre fille et son compagnon, demandant à la propriétaire une réduction de loyer en raison de leurs difficultés financières. Il se serait présenté comme le véritable propriétaire des lieux, tentant même de vendre la maison, selon sa locataire, obligée d’aller demander une attestation à son notaire.
Désormais, Georgette et David, qui vivent en location à Cintegabelle, n’ont plus qu’une idée en tête, se débarrasser de leur bien. Ils veulent remettre la maison en état, puis la vendre. “Mais personne ne nous aide, ce n’est pas normal”, se lamente David, au vu de la tâche qui l’attend.

