April 17, 2026

Guerre en Ukraine : canons, capteurs… la recherche militaire russe utilise des humains pour tester des munitions d’artillerie

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Sous couvert du “secret d’État”, un institut militaire russe mène des expériences extrêmes sur des soldats pour mesurer l’impact des explosions d’artillerie et tester des substances dopantes. Véritable pilier du renseignement, cette entité occulte est également soupçonnée de former les agents du GRU au maniement d’armes chimiques.

C’est un cas très particulier dans le paysage de la recherche militaire : le très occulte Institut de recherche en médecine militaire (GNII VM) russe utilise des volontaires pour tester des munitions d’artillerie. C’est en tout ce que révèle une enquête réalisée par le média indépendant Proekt et publiée lundi 13 avril dernier. Cette entité – très secrète – qui appartient au ministère russe de la Défense fait en effet appel à des militaires pour observer les effets directs de tirs d’artillerie sur le corps humain.

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Depuis 2015, l’Institut de recherche en médecine militaire est le seul organisme russe officiellement autorisé par le ministère de la Défense à mener des recherches impliquant des humains. Cette dérogation lui permet de contourner les protocoles éthiques civils sous couvert du “secret d’État”, transformant ainsi le corps des militaires en une simple variable d’ajustement pour améliorer la puissance de feu et les capacités d’infiltration de la Russie.

Des expériences chimiques et pharmacologiques

En pratique, dans le cadre des tests qui sont réalisés, les chercheurs placent des capteurs sur les “cobayes” pour enregistrer les variations de leur rythme cardiaque et leurs ondes cérébrales lors de l’explosion d’une pièce d’artillerie. L’institut cherche à quantifier la distance à laquelle un soldat subit une “incapacité de combat” permanente ou temporaire lorsque ce dernier se trouve dans le périmètre d’une explosion. L’organisme est doté d’une infrastructure hospitalière qui compte une centaine de lits, tant en service de réanimation que de chirurgie. Des prélèvements de sang et d’urine peuvent être réalisés sur site pour détecter d’éventuelles lésions internes.

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L’enquête réalisée par Proekt va plus loin. Le média affirme en effet que l’institut réalise des expériences pharmacologiques en administrant des produits dopants de haute performance aux militaires. L’organisme teste par ailleurs des antidotes pour aider les soldats à lutter contre des agents chimiques. En une année, plus de 300 observations de personnels soumis à ces drogues ou vaccins ont été consignées.

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Mais l’influence de cet institut dépasse largement le cadre des laboratoires. L’enquête de Proekt pointe du doigt des liens étroits avec les opérations les plus sensibles du renseignement militaire russe (GRU). Le directeur de l’établissement, Sergueï Tchepour, est ainsi présenté comme un conseiller technique de premier plan pour les unités spécialisées dans les opérations de sabotage chimique. L’institut sert ainsi de base arrière logistique pour former les agents à la manipulation de toxines et valider des protocoles d’attaque chimique.

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