Des camping-caristes aux abonnés absents, des groupes qui annulent leur venue, des réservations en chute libre… Au camping des Portes d’Ariège, dans un beau parc en bordure de rivière, Claudine et Frantz font le dos rond et abattent leur meilleure carte, celle de la proximité. “Nous avons un havre de paix, à portée de main”, expliquent-ils.
“Ça pourrait aller mieux”, lâche Frantz Paillard, le gérant du camping des Portes d’Ariège-Pyrénées, à Pamiers, résumant d’une phrase l’ambiance du moment. “Nous avions une réservation d’une vingtaine de personnes, des pêcheurs venus de toute la France, pour ce week-end. Ils viennent d’annuler leur venue”, ponctue Claudine, son épouse, qui gère avec lui l’établissement situé dans un parc, en bordure d’Ariège. “Tous les jours, je regarde le planning des réservations, et je suis inquiet”, reprend le premier. “Elles sont en chute libre”, ajoute-t-il. Il s’y ajoute l’absence notable, ce printemps, des camping-caristes, une clientèle très appréciée. “Nous en accueillons, habituellement, une dizaine tous les jours. Nous en avons eu deux la semaine dernière”, détaille Frantz Paillard. Les représentants de commerce, eux aussi, ont déserté : “Ils préfèrent travailler en visio”, note le chef d’entreprise.

Ils repartent en Espagne
À l’accueil, un touriste catalan vient régler sa nuit, avant de prendre le large et de repasser la frontière. “Ils ont décidé d’écourter le séjour”, ponctue Frantz Paillard. “Ils sont allés jusqu’à Toulouse, puis ils ont décidé de faire demi-tour et de repartir”, ajoute-t-il. Les conséquences sont déjà là, bien palpables, pour ce couple aux commandes de ce beau camping depuis trois ans : “Nous avons été obligés de réduire la voilure”, expliquent Claudine Dubourg et Frantz Paillard. La mort dans l’âme, ils ont été ainsi contraints de limiter l’ouverture du restaurant, fermé en début de semaine. Le personnel a été réduit au plus juste, la mort dans l’âme… Avant même le début de la crise, l’investissement de cette année avait été reporté à la saison prochaine : la création d’un minigolf à l’entrée de l’établissement n’est plus d’actualité pour le moment. “Nous avons fait preuve de sagesse, et la suite nous a donné raison”, ponctue le couple.

En attendant des jours meilleurs
Coupable, bien évidemment, la hausse des carburants, qui décourage les vacanciers et freine les réservations. Elle vient compléter un tableau déjà bien sombre : “Nous avions eu les intempéries. Puis, la période électorale : les seniors ont remis leurs déplacements. Ce sont eux qui votent le plus”, rappelle Claudine Duboug. Et maintenant, le choc du prix du carburant. Les gérants du camping appaméen font le dos rond, en attendant des jours meilleurs : “La saison n’est pas finie. On peut rebondir”, estime Frantz Paillard. En attendant, ils jouent leur meilleure carte : celle de la proximité. “Nous avons un havre de paix, à portée de main, pour une clientèle qui viendrait de Toulouse, ou même d’un peu plus loin”, fait remarquer Claudine Dubourg. En bordure d’Ariège, fort d’une belle terrasse sous les glycines et d’une piscine, niché sous les arbres, le camping des Portes d’Ariège ne manque pas d’atouts anti-crise.

