April 14, 2026

"Une réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité jusqu’à + 20 %" : l’État cède sur un point clé du dossier Fibre Excellence, à plusieurs conditions

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Après des semaines de blocage, le gouvernement accepte de relever le tarif de rachat de l’électricité produite par Fibre Excellence, une mesure clé pour la survie du groupe papetier menacé de redressement judiciaire. En contrepartie, il exige un engagement clair de l’actionnaire avant le 15 avril.

C’était le principal point de tension du dossier. Dans un courrier adressé à l’actionnaire de Fibre Excellence, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce que l’État accepte désormais de revoir à la hausse le tarif de rachat de l’électricité, un levier jugé décisif pour la compétitivité des sites papetiers.

“L’État a décidé de compléter le paquet de soutien par une réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité, jusqu’à + 20 %”, écrit le ministre. Une évolution majeure, alors que cette mesure figurait au cœur des revendications portées ces dernières semaines par la Région Occitanie.

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Cette avancée fait directement suite à la réunion organisée le 9 avril à Matignon, où la présidente de Région Carole Delga avait défendu, devant le gouvernement, un plan global pour éviter le redressement judiciaire du groupe. Parmi ses priorités : justement, cet ajustement du prix de l’électricité, resté jusqu’ici hors de portée.

Une concession… et des conditions

En actant cette concession, l’État franchit un cap, après avoir déjà proposé un soutien massif. Le ministre rappelle ainsi qu’un premier “paquet de mesures” de près de 150 millions d’euros avait été mis sur la table en février, en complément d’environ 100 millions d’euros d’aides publiques versées entre 2021 et 2025.

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Mais ce geste s’accompagne de conditions strictes. Dans sa lettre, Sébastien Martin demande à l’actionnaire de “couvrir les besoins de financement courant du groupe sur l’horizon d’un plan d’affaires (2030)” et de s’engager dans les investissements nécessaires au développement de l’activité. Le ministre acte également les tensions actuelles, évoquant le refus de l’actionnaire de “poursuivre l’accompagnement du groupe malgré ce plan de soutien”, une position qui a conduit au lancement d’un appel d’offres pour une reprise en mars.

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Autre exigence, directement issue des discussions de Matignon : l’évolution de la gouvernance. L’aide de l’État sera conditionnée à l’accord de l’actionnaire sur l’entrée au capital de la Région Occitanie, confirmant la volonté de bâtir un partenariat élargi autour de l’entreprise. “Malgré un contexte particulièrement contraint pour les finances publiques, l’État est prêt à faire sa part”, insiste le ministre, tout en rappelant que “la pérennité reposera in fine sur l’engagement et la responsabilité de son actionnaire”.

À deux jours d’une échéance cruciale fixée au 15 avril, ce geste sur l’électricité pourrait changer la donne. Reste à savoir si l’actionnaire saisira cette occasion pour éviter la fermeture.

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