Sans tracteurs, les Jeunes agriculteurs seront ce mardi à Toulouse pour dénoncer la flambée du GNR qui alourdit leurs charges de 45 000 € par an. Une seconde manifestation de la Coordination rurale a été déclarée sans détail lundi et interdite par la préfecture de la Haute-Garonne.
“Nous le disons clairement : nous sommes à bout de souffle. Nous travaillons, nous produisons, mais nos marges disparaissent. Chaque hausse supplémentaire fragilise un peu plus nos fermes, nos projets et l’avenir de nos entreprises.” Après avoir manifesté leur colère à de nombreuses reprises au moment de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse en fin d’année, mais aussi contre le Mercosur, les agriculteurs battront à nouveau le pavé toulousain ce mardi 14 avril, à 10 h, à l’appel des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne.
Manifestation à pied devant la Cité administrative
Mais cette fois sans leurs tracteurs. “Nos tracteurs consomment beaucoup de GNR, or c’est ce qui nous pose problème en ce moment, c’est donc une question éthique. Et puis, depuis les dernières manifestations de décembre et janvier, à chaque fois que nous venons en tracteur, nos manifestations sont interdites”, indique Mathieu Maronèse, délégué du syndicat agricole qui a donné rendez-vous aux agriculteurs devant la Cité administrative de Toulouse.
Là, ils espèrent pouvoir rencontrer des membres de la direction départementale des territoires pour échanger sur ce qu’ils vivent en ce moment, une situation “invivable”.
Ils pointent donc, entre autres, les effets de la guerre en Iran et ses répercussions sur la hausse du prix du GNR ou encore des engrais. “Rien que l’augmentation du GNR, c’est entre 80 et 100 euros de plus de charges à l’hectare. Sur l’ensemble des charges à l’année, nous avons calculé que cela faisait 45 000 euros de plus à payer en moyenne par ferme alors que le revenu moyen en Haute-Garonne est de 4 000 euros”, poursuit Mathieu Maronèse.
En venant à Toulouse, ils espèrent être entendus. “Nous demandons une année blanche de MSA, pas un report. Mais aussi que la hausse des bénéfices perçus par l’État – à travers la TVA sur ces produits dont le prix a augmenté – bénéficie aux agriculteurs”, insiste ce représentant agricole.
Délai légal pas respecté, entre autres, pour la CR
Si les JA ont déclaré leur manifestation à la préfecture dans les conditions nécessaires pour être autorisée, ce n’est pas le cas de la Coordination rurale de la Haute-Garonne qui a prévu aussi ce 14 avril de se rendre à Toulouse selon une annonce faite auprès des services de l’État. “Cette déclaration réalisée auprès des services de l’État comporte plusieurs irrégularités. Ainsi, la déclaration n’est pas suffisamment précise, tant concernant l’identification des organisateurs que le parcours envisagé, le nombre de personnes attendues ou encore la durée prévue pour cette mobilisation. Cette déclaration mentionne de surcroît la présence de tracteurs, sans que leur localisation et leur nombre ne soient précisés”, indique la préfecture qui a décidé de l’interdire, le délai légal de trois jours n’ayant pas non plus été respecté.
Les membres de la Coordination rurale 31 qui braveraient cette interdiction s’exposent à être condamnés à des peines allant jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende pour les organisateurs, et pour les participants à une amende prévue pour les contraventions de quatrième classe.

