85 personnes en situation de handicap ont investi le boulodrome couvert de Montgailhard le 26 mars dernier. Une initiative portée par le Comité départemental du sport adapté de l’Ariège, qui en est déjà à sa deuxième édition.
C’est une scène qu’on n’aurait pas imaginée ici, entre ces pistes de 700 m2 ordinairement dévolues aux concours de lyonnaise et de pétanque. Le 26 mars dernier, les terrains du boulodrome couvert de Montgailhard ont été envahis par des boulistes venus de toute l’Ariège : résidents de l’Ehpad de Bélesta, personnes autistes accompagnées par leurs encadrants, représentants de l’Adapei et de l’APGH de l’Ariège.
En tout, 85 personnes ont passé la journée autour de la boule dans ce hangar. Ce matin-là, on entendait surtout des éclats de voix. “C’est la seconde année qu’on reçoit le Comité départemental du sport adapté de l’Ariège, s’enthousiasme Florent Ferrand, président du boulodrome de Montgailhard. L’année dernière, on avait décidé de ne rien faire de particulier. Mais vu le nombre de participants cette année, on a voulu être davantage présents.”
Une diversité d’ateliers
Dès le matin, treize lycéens en bac pro services aux personnes et animation dans les territoires (Sapat) de Pamiers ont prêté main-forte aux encadrants des différentes associations. Un renfort précieux pour accompagner des publics qui “demandent beaucoup d’aide”, reconnaît Florent Ferrand.
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Sur les pistes, des ateliers adaptés avaient été imaginés : tapis tendus avec une boule au centre pour travailler la visée, quilles à renverser, boules en plâtre à lancer dans des pneus disposés en cercle. Pas de tournoi à proprement parler, mais une succession d’exercices pensés pour distraire, mobiliser, faire sourire.
“Autant en faire profiter ceux qui en ont besoin”
La pause déjeuner s’est tenue au cœur même des terrains, nappes dépliées entre les pistes. Une dérogation au décorum habituel du club, mais une évidence dans ce contexte. La responsable des encadrants a confié au président que “ça leur avait fait du bien de sortir, de se retrouver tous ensemble.” Une phrase simple, qui dit beaucoup sur ce que représente une telle journée pour des personnes dont l’horizon quotidien est souvent limité à un établissement, un couloir, une routine.

Pour Florent Ferrand, qui a pris la présidence du club l’an dernier, ouvrir les portes à ces publics s’inscrit dans une vision plus large. Un boulodrome couvert de 700 m2 dans le département, c’est rare, alors “autant en faire profiter ceux qui en ont besoin”, estime-t-il, sans que les boulistes du club s’y sentent lésés.
“Avec le recul, on se dit qu’on a de la chance d’être comme on est. Quand on voit des journées comme celle-là, ça relativise. Ça nous remet d’aplomb.”
Troisième édition en vue
La météo, capricieuse pour la deuxième année consécutive, a contraint tout le monde à rester sous le toit de béton et de métal. Mais le boulodrome a joué son rôle de refuge, et les rires n’ont pas attendu le soleil.
Vers 16 h 30, les cars ont repris la route vers leurs établissements respectifs. Florent Ferrand est resté, lui, à ranger les boules en plâtre et les quilles. L’an prochain, la troisième édition est déjà dans les têtes. Et peut-être qu’ils choisiront une date avec moins de nuages. Mais ils reviendront.
Le boulodrome de Montgailhard, “the place to be”
Le vendredi 13 avril dernier, c’est une tout autre assemblée qui avait investi le boulodrome couvert. Une quarantaine de bouchers-charcutiers des syndicats de l’Ariège y tenaient leur assemblée générale annuelle. Bien leur en a pris : la météo exécrable a confiné tout le monde à l’intérieur, mais le boulodrome a absorbé sans peine la matinée d’AG, les grillades improvisées sur les terrains et les parties de l’après-midi.
“Même les féminines ont tiré leur épingle du jeu, et elles se sont même distinguées plus que les garçons”, sourit Florent Ferrand, président du boulodrome.
Depuis l’an dernier, le boulodrome s’ouvre de plus en plus à ce type d’événements extérieurs. Les syndicats de bouchers en sont la preuve, tout comme le sport adapté de l’Ariège. Prochain rendez-vous : la CAF, attendue en juin.

