Pour le maire de Toulouse et président de la Métropole Jean-Luc Moudenc, la baisse de la démographie scolaire ne devrait pas impacter outre mesure les 213 écoles de la Ville rose, dans laquelle les projets d’urbanisation changent la donne. Il souhaite que la ville pèse dans les décisions du CDEN qui envisage de fermer 55 classes à Toulouse. Entretien.
La ville de Toulouse n’a-t-elle pas construit trop d’écoles, au regard de la baisse de la démographie scolaire annoncée par l’académie ?
On n’a pas construit trop d’écoles, on a construit en deux mandats 40 écoles nouvelles. Soit des écoles qui n’existaient pas, soit des écoles qui ont été reconstruites et qui existaient mais dans un état qui exigeait vraiment qu’on les reconstruise. Pour le confort des élèves, pour la qualité du cadre de travail des enseignants et de tous les professionnels, qu’ils soient les animateurs périscolaires, les agents techniques ou Atsem, on ne regrette rien. Les écoles nouvelles ont été construites dans des quartiers qui ont connu ou connaissent une expansion démographique forte, aussi parce qu’il y a eu des opérations d’urbanisme. La question par rapport au choix de l’État en matière d’ouvertures de classes se pose dans les quartiers déjà construits où il n’y a pas de nouvelles opérations d’urbanisme. C’est là que les restructurations de classes peuvent se faire et c’est là où on va être extrêmement vigilant.
Justement, comment sauver des classes lors du conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) qui se tient, lundi 13 avril, et propose d’ouvrir 190 classes et d’en fermer 207 en Haute-Garonne, dont 55 à Toulouse ?
On va faire comme on l’a déjà fait depuis plusieurs années. Ces questions de fermetures de classes se sont déjà posées. On va discuter pied à pied avec l’éducation nationale dans le but de sauver le plus de postes possible, d’éviter le maximum de fermetures de classes. Quand dans un quartier il y a une baisse démographique – et ça peut exister – un quartier vieillissant, où il n’y a pas de nouvelles opérations d’urbanisme, il peut y avoir une baisse de la démographie scolaire.
Est-ce le cas au centre-ville de Toulouse ?
Ça peut être le cas. Mais on va le regarder au cas par cas. Si vous n’avez pas d’opérations d’urbanisme dans un quartier existant, vous avez quand même du renouvellement. Vous avez des personnes âgées qui s’effacent, des familles qui arrivent. Donc, vraiment, il ne faut pas avoir d’a priori. Quand il y a une baisse démographique globale, avant de fermer une classe, ce qu’on demande, c’est une baisse du nombre d’effectifs par classe. Car les retours négatifs que nous avons, portent sur des fermetures de classes ou des postes d’enseignants qui ne sont pas pourvus. Une situation qui a des conséquences sur les classes surchargées.
Ce sont notamment les arguments avancés dans votre lettre au ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray ?
Oui, je lui ai écrit en janvier pour qu’il prenne en compte la spécificité toulousaine, mais je n’ai pas de réponse. J’ai compris qu’en réalité, le débat se ferait à l’occasion des CDEN. On n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait, mais on a toujours obtenu des résultats. On essaye d’éviter les fermetures de classes, préserver les postes d’enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
La ville va-t-elle continuer à construire des écoles ?
Peut-être pas autant que dans les précédentes mandatures, mais on prévoit d’en construire encore une dizaine dans les quartiers qui se développent.

