April 13, 2026

"Il faut agir très vite" : que va devenir le camping de Mirande après la liquidation judiciaire du délégataire ?

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Le camping de Mirande est à l’arrêt après la liquidation judiciaire du groupe Alpha Camping, qui en était le délégataire, officialisée le 2 avril. Faute de repreneur, l’avenir du site reste incertain, tout comme celui de son directeur et des emplois saisonniers.

Coup dur pour le tourisme local. Le camping 3 étoiles de Mirande île du Pont, géré par le groupe Alpha Camping en délégation de service public (DSP), se retrouve aujourd’hui sans activité après la liquidation judiciaire de ce dernier, prononcée officiellement le 2 avril par le tribunal de commerce de Paris. Une situation brutale qui laisse le site sans repreneur à l’approche de la saison estivale.

“Là, c’est officiel”, déplore Jacques Ducourneau, directeur du camping depuis sept ans et salarié du groupe. Comme le site de Mirande, plusieurs établissements de Alpha Camping n’ont pas trouvé preneur à l’issue d’une période de redressement de six mois. À terme, c’est le groupe Seasonova qui a annoncé la reprise de 15 établissements du groupe Alpha Camping, le site mirandais n’en faisant pas partie.

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C’est sans doute la baisse de fréquentation des dernières années qui a mené à ce choix du repreneur de ne pas acquérir l’île du Pont. La fermeture de la base de loisirs de Ludina en janvier 2024, toute proche, a eu un impact direct sur les réservations au fil des saisons. “C’était l’attraction principale. Les clients bénéficiaient d’une entrée gratuite et illimitée”, rappelle l’ancien directeur. Malgré la création d’une petite piscine en 2022 sur le camping, le site n’a jamais retrouvé le même niveau d’attractivité.

Les vacances de Pâques approchent mais le site n’accueillera pas ses premiers clients.
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DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Du côté de la communauté de communes Cœur d’Astarac en Gascogne, propriétaire, le nouveau président Antoine Mendes appelle à la prudence. “Pour l’instant, je ne peux pas vous dire grand-chose”, explique-t-il, évoquant une situation encore juridiquement incertaine. “Il y avait une délégation signée avec Alpha Camping qui courait jusqu’en 2027”, rappelle l’élu.

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Le dossier a néanmoins été pris en main sans délai assure-t-il : “Ça a été notre première préoccupation, dès le lendemain de notre élection”. Antoine Mendes est devenu président de l’intercommunalité le 30 mars dernier.

Mais la collectivité se heurte à des contraintes juridiques. “On a toujours cette délégation, donc il faut attendre d’en sortir. Est-ce que la liquidation du délégataire y met un terme ?”, s’interroge Antoine Mendes. “Nous avons saisi un avocat pour savoir un peu où on en est juridiquement”. Or, la liquidation du délégataire n’éteint pas automatiquement la DSP : le contrat peut être maintenu par le liquidateur ou nécessiter une résiliation formelle avant toute reprise.

Alors, que va donc devenir le site, à quelques semaines de la saison estivale ? Plusieurs scénarios sont envisageables : une réouverture en urgence cet été, jugée “très compliquée”, ou une année blanche avant peut-être une relance en 2027.

Malgré ces incertitudes, la volonté d’agir est bien là. “On y réfléchit, avec la ville de Mirande, c’est une de nos priorités”, insiste le président.

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Interrogé sur l’absence de Mirande dans le périmètre de reprise de Seasonova, l’élu avance une hypothèse. “S’il avait été intéressé, il l’aurait fait savoir, mais nous n’avons eu aucun contact avec eux. Peut-être qu’il n’était pas assez gros pour les séduire”.

Séisme économique pour le territoire

En attendant, les conséquences sociales sont déjà là. “J’ai reçu mon courrier, je suis licencié économique”, confie Jacques Ducourneau. Seul salarié permanent du site, il encadrait chaque été une dizaine de saisonniers.

Les conséquences économiques risquent aussi d’être dramatiques pour les commerces locaux. Le site accueillait chaque semaine en pleine saison entre 400 à 600 personnes. “Et ça, c’est sans compter les emplacements nus. On pouvait avoir parfois jusqu’à 900 personnes sur le camping”, ajoute Jacques Ducourneau.

Dans ce contexte, élus et acteurs locaux sont appelés à réagir rapidement pour éviter que le site ne reste durablement à l’abandon. “On espère une issue favorable”, confie encore l’ex-directeur, pour, peut-être, donner une nouvelle chance au camping mirandais.

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