Les Toulousains ont commis bien trop d’erreurs pour espérer se qualifier face à des Bordelo-Bèglais qui ont finalement parfaitement géré leur match. Des fautes, des cartons et une inefficacité qui n’a pas pardonné. Comme la saison passée, l’UBB douche le Stade Toulousain (30-15).
Pourquoi le match a-t-il débuté avec du retard ?
Quatre minutes d’attente imprévue. Matthew Carley a sifflé le coup d’envoi de la rencontre avec du retard sur la pelouse de Chaban-Delmas. Pourquoi ? parce que la liaison avec l’arbitre vidéo était inexistante. Un problème de fréquence qui a contraint les joueurs bordelais a refaire quelques courses pour ne pas que les organismes se refroidissent. Côté toulousain, on en a profité pour se réunir en rond afin de se rappeler les consignes.
Pourquoi le Stade Toulousain a-t-il refusé de prendre les points ?
C’est arrivé à deux reprises. Deux fautes bordelaises à distance parfaite pour Thomas Ramos afin de récompenser les efforts des avants “rouge et noir”. Mais à chaque fois les Toulousains ont décidé d’aller en touche pour tenter de marquer un essai. Problème, les joueurs de l’UBB étaient au-dessus que ce soit dans l’alignement mais aussi pour défendre sur les mauls. Résultat : six points perdus et des ballons rendus. À force de vouloir trop jouer, le Stade a été pris à son propre jeu.
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : “Moi, ça me saoulerait”, la mise au point de Thomas Ramos sur l’opposition Ntamack-Jalibert
Le carton rouge de 20 minutes de Dorian Aldegheri était-il justifié ?
L’arbitre a considéré que le degré de dangerosité sur l’intervention du pilier droit était élevé. Ce dernier a tenté de contrer un coup de pied de Damian Penaud, mais, en retard, il a percuté le Bordelais qui a pris son épaule dans la tête. Un geste involontaire mais le droitier a peut-être payé son attitude – le fait de ne pas lever les mains pour montrer qu’il essayait de contrer ou de plaquer. Aldegheri est sorti en s’excusant auprès de son pote de l’équipe de France, qui a dû quitter la pelouse, sur protocole commotion. Joël Merkler l’a ensuite remplacé.
Thomas Ramos a-t-il une nouvelle fois montré qu’il était un leader précieux ?
Une gueulante, un bouchon et un 50-22 pour éteindre le feu. Le tout en moins de dix minutes. Le leader toulousain a montré une nouvelle fois l’étendue de son caractère et son aura. En début de seconde période, alors que les siens étaient en difficulté après avoir pris un essai (Jalibert, 46), l’arrière au tempérament bien trempé a d’abord passé un savon à ses coéquipiers dans l’enbut. S’en est suivie une très longue séquence où les “rouge et noir” étaient au bord de la rupture jusqu’à ce que… Ramos mette un bouchon à Jalibert pour annihiler l’offensive. À la suite de ça, le 15 s’est offert le luxe de trouver un 50-22 et renvoyer tout le monde dans le camp de l’UBB. Cela n’aura cependant pas permis au Stade de reprendre l’avantage au score : le ballon sera perdu sur la touche suivante.
À lire aussi :
ENTRETIEN. UBB-Stade Toulousain : “Je n’aime pas quand on dit que l’UBB n’est taillée que pour la Champions Cup”, avoue Yannick Bru
Combien de temps a passé Toulouse en infériorité numérique ?
Ça a été l’un des éléments déterminants de la rencontre. Le Stade Toulousain a commis beaucoup trop de fautes (11 au total) et entre le carton rouge de Dorian Aldegheri (38) et le carton jaune d’Antoine Dupont (57) il y aura de quoi dire sur la discipline des “rouge et noir” à Chaban. Au total, ils ont passé près de 30 minutes en infériorité numérique, offrant des espaces à leurs adversaires. Une demi-heure d’enfer pendant laquelle l’UBB aura inscrit 17 points et repris l’avantage.
À lire aussi :
UBB – Stade Toulousain : alors, ce quart de finale entre champions d’Europe, c’est le match de l’année ou pas ?
La meilleure défense l’a-t-elle emportée ?
Les observateurs les plus pointus avaient prévenu. Entre ces deux équipes habituées à proposer un rugby total, porté sur l’offensive, la victoire ne pouvait revenir qu’a l’équipe qui allait le mieux défendre. Ugo Mola l’avait annoncé avant la rencontre, l’ancien ouvreur de Toulouse et Colomiers, Jeff Dubois, l’avait aussi prédit dans nos colonnes (notre édition du 12 avril). Et ils ne se sont pas trompés. Car les Bordelais ont été au-dessus. D’abord en première mi-temps où les joueurs de Yannick Bru ont été héroïques pendant les 20 premières minutes alors que les Stadistes faisaient le siège dans leur camp. Résultat, aucun point marqué par Toulouse. Et les Bordelo-Béglais n’ont pas levé le pied en deuxième, annihilant plusieurs occasions d’essais pour Toulouse, ralentissant les ballons dans les rucks et récupérant de très nombreux ballons au sol. La meilleure défense l’a emporté.
Et maintenant, c’est quoi le programme ?
C’est fini pour la Champions Cup. Et comme la saison passée, toujours va devoir ravaler sa frustration et se concentrer sur le Top 14.

