Des pompiers sur le site d’une frappe israélienne à Nabatieh, au Liban, le 10 avril 2026. ABBAS FAKIH / AFP
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La présidence libanaise a annoncé vendredi 10 avril au soir la tenue mardi 14 avril d’une rencontre avec Israël à Washington afin de discuter d’un cessez-le-feu dans la guerre qui ravage le pays depuis début mars, Israël refusant en revanche de discuter avec le Hezbollah.
« Il a été convenu d’organiser une première réunion mardi au département d’Etat afin de discuter de l’instauration d’une trêve et de la date du début des négociations entre le Liban et Israël sous l’égide des Etats-Unis », selon le communiqué. Selon un diplomate occidental interrogé par l’AFP, « des pressions diplomatiques sont en cours sur Israël de la part de pays européens, d’Etats du Golfe et de l’Egypte pour éviter le renouvellement des frappes israéliennes sur Beyrouth, après le “mercredi noir” ». « Le Nouvel Obs » fait le point.
• Israël refuse de négocier avec le Hezbollah
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait la veille donné son feu vert à des « négociations directes » entre les deux pays en état de guerre depuis des décennies. Mais Israël a affirmé vendredi qu’il ne discuterait pas avec le mouvement pro-iranien Hezbollah lors de ces pourparlers. Lors d’une rencontre avec son homologue libanais visant à organiser ces discussions, l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter « a refusé de discuter d’un cessez-le-feu avec l’organisation terroriste Hezbollah », a-t-il déclaré dans un communiqué.
• Un député du Hezbollah qualifie les négociations de « violation flagrante » de la constitution
Un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a réaffirmé ce samedi le refus du mouvement libanais pro-iranien de négociations directes entre le Liban et Israël, au lendemain de l’annonce par la présidence libanaise de la tenue d’une rencontre la semaine prochaine à Washington entre les représentants des deux pays. Ces négociations sont « une violation flagrante du pacte (national), de la Constitution et des lois libanaises » et « elles exacerbent les divisions internes à un moment où le Liban a plus que jamais besoin de solidarité et d’unité interne pour faire face à l’agression israélienne », a déclaré le député dans un communiqué.
• Intensification des frappes et « détermination à obtenir un cessez-le-feu »
Après l’entrée en vigueur mercredi du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Israël a soutenu que le Liban n’était pas inclus dans cet accord, intensifiant depuis ses attaques contre le mouvement islamiste Hezbollah, un allié de Téhéran. Mercredi, des frappes israéliennes massives ont tué 357 personnes et fait 1 223 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, ajoutant qu’il était provisoire. Les opérations de recherches dans les décombres se poursuivent, « un important nombre de restes humains » nécessitant des tests ADN.
L’armée israélienne a affirmé avoir « éliminé plus de 180 membres » du Hezbollah dans ces frappes, lancées sans avertissement sur des zones résidentielles densément peuplées de la capitale. Treize membres des forces de sécurité libanaises ont par ailleurs été tués vendredi à Nabatiyé, dans le sud du pays, par de nouvelles frappes visant le complexe administratif du centre-ville.
« Cette perte douloureuse ne fait que renforcer notre détermination à obtenir un cessez-le-feu qui protégera le Liban et notre population dans le sud », a réagi le Premier ministre Nawaf Salam. Le président Joseph Aoun a lui appelé la communauté internationale à « assumer ses responsabilités pour mettre fin aux agressions israéliennes répétées ».
• Riposte du Hezbollah
Au total, 1 953 personnes ont été tuées par les bombardements israéliens, et plus de 6 300 blessées depuis le début de la guerre le 2 mars, selon les autorités libanaises. Israël assure avoir « démantelé » sur la période plus de 4 300 infrastructures du Hezbollah et tué plus de 1 400 combattants du groupe chiite lors de frappes et d’opérations terrestres dans le sud du Liban. Le Hezbollah ne communique pas sur ses pertes depuis le début du conflit.
Dans un message diffusé par la chaîne du groupe, al-Manar, le chef du mouvement Naïm Qassem a appelé les responsables libanais à « arrêter de faire des concessions gratuites » à Israël, avant les discussions prévues entre les deux pays. En « riposte » aux « crimes sanglants » d’Israël, le Hezbollah a annoncé vendredi avoir lancé des missiles sur une base navale militaire de la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, ainsi que des tirs de roquettes sur le nord du pays. L’armée israélienne a recensé une trentaine de tirs depuis le Liban, faisant état uniquement de dégâts matériels.

