Dans une forêt ougandaise, des chimpanzés d’un même groupe s’affrontent dans une “guerre civile”. Ce phénomène est rare selon les spécialistes qui continuent à en rechercher les causes précises.
Que s’est-il passé dans cette communauté de primate ? Dans le parc national de Kibale, en Ouganda, un violent conflit a éclaté au sein un groupe de chimpanzés, raconte la revue Science. Soudés pendant près de 30 ans, les singes de ce parc se sont divisés en deux camps et s’affrontent à présent dans ce qui s’apparente à une “guerre civile”.
LA PRIMERA “GUERRA CIVIL” ANIMAL: FACCIONES DE CHIMPANCÉS DESATAN UNA GUERRA LETAL
La ciencia acaba de confirmar un evento rarísimo y aterrador en Uganda: la primera “guerra civil” documentada entre chimpancés salvajes.
El histórico grupo de Ngogo, que convivió en paz durante… pic.twitter.com/YuSuxQ2Prm
— John P. Acquaviva (@JPAFS) April 10, 2026
La situation étonne grandement les spécialistes. Les rivalités entre deux groupes distincts sont fréquentes. Mais ce qui se déroule à Kibale est assez unique puisqu’il s’agit d’un conflit né au sein d’une même communauté.
20 ans de cohésion
Depuis les années 1990, des chercheurs observent le groupe de “Ngogo” qui regroupe jusqu’à 200 chimpanzés. Autour de 2015, alors qu’elle semblait fonctionner sans trop de problèmes, la communauté s’est soudainement scindée en deux groupes distincts.
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“Après leur division en deux groupes, les chimpanzés d’un groupe ont commencé à attaquer et à tuer ceux de l’autre groupe, et cela s’est transformé en une période de violence mortelle accrue”, décrit Aaron Sandel, anthropologue à l’université du Texas à Austin. Le conflit est devenu progressivement de plus en plus brutal. À partir de 2021, les chercheurs ont notamment observé des infanticides réguliers et des disparitions.
De multiples explications
Pour expliquer cette escalade de violence, les chercheurs ont présenté plusieurs pistes. Parmi elles, figurent la taille inhabituellement importante du groupe, la compétition pour la nourriture et la reproduction. Certains évènements permettent d’aider à comprendre les raisons de ce conflit. En 2014, cinq mâles adultes et une femelle ont perdu la vie. En 2015, le mâle dominant a changé et en 2017, une épidémie respiratoire a tué 25 individus du groupe.
Par ailleurs, la communauté de Ngogo était déjà connue pour son agressivité. La zoologiste Liran Samuni explique que “même avant cette scission, c’était l’une des communautés de chimpanzés les plus violentes en termes d’incursions chez les voisins”. Entre 1998 et 2008, ils avaient déjà tué au moins 21 individus appartenant à des groupes voisins.
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Les chercheurs restent néanmoins prudents sur l’usage du terme “guerre civile”. Aaron Sandel précise : “Le terme a une signification très précise chez les humains, et les chimpanzés n’ont pas de nations ni de choses de ce genre. Mais il y a un point conceptuel important à souligner lorsqu’on compare une guerre contre des étrangers à une guerre civile. Ce sont des chimpanzés qui se connaissent.” A l’heure acutelle, les affrontements entre les deux groupes continuent. Si l’étude porte sur des données recueillies jusqu’en 2024, d’autres attaques ont eu lieu en 2025 et 2026.

