À Gourdon (Lot), le conseil municipal du 2 avril a ravivé les tensions entre la majorité et l’opposition. En cause : l’augmentation des indemnités des élus, vivement critiquée par le groupe “Un nouvel élan pour Gourdon”.
L’augmentation des indemnités des élus a provoqué un vif débat lors du conseil municipal de Gourdon (Lot), jeudi 2 avril. Cette délibération, adoptée par la majorité, est vivement contestée par les six élus du groupe d’opposition “Un nouvel élan pour Gourdon”.
“Il n’est pas décent d’augmenter l’enveloppe des indemnités”
Pour Frédéric Gineste, cette décision constitue “un très mauvais signal adressé aux Gourdonnais”. Il souligne qu’”alors que l’encours de la dette par habitant est aujourd’hui supérieur à celui de 2021, il n’est pas décent d’augmenter l’enveloppe des indemnités des élus d’environ 50 000 € par an, soit plus de 300 000 € sur le mandat à venir”.
Le groupe d’opposition, composé de Juliette Mazet, Sophie Sagot-Duvauroux, Nathalie Cabrié, Alain Dejean, Eddy Carbonnel et Frédéric Gineste, juge cette hausse “déplacée et inacceptable”, notamment dans un contexte budgétaire contraint. Le rapport d’orientation budgétaire présenté lors de la même séance évoquait en effet des marges financières limitées et la nécessité de maîtriser les dépenses après les emprunts contractés en 2024 et 2025.
Au-delà de ce désaccord, les élus affirment vouloir jouer pleinement leur rôle au sein du conseil municipal. Eddy Carbonnel insiste : “Nous concevons notre rôle comme très important, même si nous ne sommes que six. Les Gourdonnais ont besoin d’être informés des décisions prises par la municipalité.” L’opposition revendique ainsi une posture “constructive”, assurant qu’elle soutiendra les mesures jugées pertinentes tout en dénonçant les incohérences.
“Un montant d’indemnités inférieur au montant réglementaire”
Face à ces critiques, le maire, récemment réélu, Jean-Marie Courtin se dit surpris et tient à apporter des précisions. Il rappelle : “Durant le mandat 2020/2026 l’équipe municipale n’a pas appliqué le montant des indemnités réglementaires, mais un montant inférieur, ce qui a généré une économie sur le mandat pour la mairie de 295 588 €.”

Pour le mandat 2026-2032, l’édile affirme que cette politique sera maintenue. “Nous continuons à appliquer un montant d’indemnités inférieur au montant réglementaire ce qui générera une économie pour la commune de 192 637 € sur ce mandat de 6 ans”, précise-t-il, tout en reconnaissant une hausse par rapport au précédent mandat.
Jean-Marie Courtin insiste également sur l’absence de frais annexes : “Je tiens à préciser qu’il n’y a aucune note de frais de la part des élu(e)s qui paient leurs dépenses avec ces indemnités.” Il rappelle par ailleurs que ces montants sont soumis à des charges et, en partie, à l’imposition.
Concernant la situation financière de la commune, le maire met en avant une baisse de la dette globale, passée de 11 173 470 € au 1er janvier 2020 à 9 572 981 € au 1er janvier 2026, malgré plusieurs investissements structurants. Il cite notamment des projets liés aux infrastructures et à la transition énergétique, dont la production d’électricité photovoltaïque, autoconsommée par les bâtiments municipaux, permettrait de compenser une partie des dépenses. Ce désaccord marque le début d’un mandat qui s’annonce déjà animé.

