Une trêve dans la guerre en Ukraine doit avoir lieu à partir du samedi 11 avril à 16 heures jusqu’au dimanche 12 avril en fin de journée. Ici, à Odessa, après une attaque russe en février. OLEKSANDR GIMANOV/AFP
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Un cessez-le-feu dans la guerre en Ukraine pour la Pâque orthodoxe – samedi 11 et dimanche 12 avril – a été annoncé par le président russe Vladimir Poutine, jeudi 9 avril. Une rare pause dans les combats acceptée par Kiev alors que la guerre en Ukraine est entrée dans sa quatrième année début février.
Ce vendredi 10 avril, au lendemain de l’annonce, trois personnes ont été tuées dans des frappes en Russie et en Ukraine, à l’heure où les négociations pour la paix n’évoluent pas.
• Un cessez-le-feu de presque deux jours…
Par un communiqué, le Kremlin a annoncé que « par décision du commandant suprême, […] Vladimir Poutine, en lien avec la prochaine fête orthodoxe de Pâque (la Résurrection du Christ), un cessez-le-feu est décrété à partir de 16 heures [15 heures, heure de Paris] le 11 avril jusqu’à la fin de la journée du 12 avril 2026 ».
L’état-major général « a reçu pour instructions de cesser les opérations de combat dans toutes les directions pour période » avertissant que les troupes restaient prêtes à « contrer toute provocation éventuelle de l’ennemi ».
« Nous partons du principe que la partie ukrainienne suivra l’exemple de la Fédération de Russie », a ajouté Moscou.
•… accepté par Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait savoir dans la foulée que son pays était prêt à respecter cette rare pause dans les hostilités, qu’il avait déjà proposée de son côté. « Les gens ont besoin d’un Pâque libéré des menaces et d’un réel mouvement vers la paix, et la Russie a également la possibilité de ne pas reprendre les frappes après Pâques », a déclaré le président ukrainien sur X.
Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass, l’annonce de cette trêve n’a pas été discutée au préalable avec Kiev et Washington, et n’est pas liée aux négociations pour mettre fin au conflit, compromises en raison de la guerre au Moyen-Orient.
• Des trêves toujours rompues
En plus de quatre années de guerre, plusieurs trêves de courte durée ont déjà été décrétées, sans jamais tenir durablement, Moscou et Kiev s’accusant systématiquement de violations.
Dès avril 2022, deux mois après le début du conflit, une tentative portée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres n’avait pas abouti face au refus de la Russie. Moscou estimait que cela permettrait à l’armée ukrainienne de se réarmer.
L’année suivante, en 2023, le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Kirill avait appelé les deux camps à suspendre les hostilités à l’occasion du Noël orthodoxe. Vladimir Poutine avait décrété une trêve de 36 heures, immédiatement dénoncée comme un « piège » par Kiev, entraînant la poursuite des combats.
En 2025, les fêtes de Pâques avaient déjà fait l’objet d’un cessez-le-feu par le président russe. Mais celui-ci avait été largement violé, les autorités russes comme ukrainiennes s’accusant mutuellement de ne pas l’avoir respecté.
• Trois personnes tuées en Russie et en Ukraine
Au lendemain de l’annonce d’une trêve, deux personnes sont mortes et trois autres blessées dans des frappes russes dans la région de Dnipro, dans l’est de l’Ukraine. L’administration régionale a également évoqué sur Telegram deux blessés supplémentaires dans le district de Nikopol, un homme de 40 ans et un autre de 74 ans.
En Russie, un homme a été tué à la suite d’une attaque de drone ukrainienne visant la ville de Voljski, dans la région de Volgograd (sud-est), selon le gouverneur régional Andreï Botcharov.
• Les discussions de paix dans l’impasse
Plusieurs cycles de négociations menées sous l’égide des Etats-Unis n’ont pas réussi à rapprocher les belligérants d’un accord, le processus s’enlisant davantage encore à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran.
Moscou exige de Kiev des concessions territoriales et politiques que Volodymyr Zelensky a rejetées, les assimilant à une capitulation. Quatre ans après le début du conflit, Moscou occupe un peu plus de 19 % de l’Ukraine, dont une majorité acquise pendant les premières semaines du conflit.
Ces derniers jours, l’Ukraine a mené des attaques contre un oléoduc russe en mer Baltique et un important terminal pétrolier en mer Noire, tentant d’assécher les ressources en hydrocarbures avec lesquelles Moscou finance son offensive en Ukraine.

