Une affaire de philatélie bouleverse un habitant de Cransac-les-Thermes. Il n’aurait jamais récupéré deux classeurs qu’il avait prêtés à une connaissance. Une enquête a été ouverte.
L’affaire n’est pas commune. Surtout, elle attriste un habitant de Cransac-les-Thermes, fin collectionneur de timbres depuis ses 17 ans. Début janvier 2026, une de ses connaissances lui aurait volé deux classeurs regroupant des séries sur les châteaux, les vallées, les hommes célèbres.
Installé dans son salon, aux armoires remplies de classeurs à timbres, le Cransacois âgé de 89 ans – mais qui en fait dix de moins – se souvient bien de cette fameuse journée. “Un adhérent de l’Amicale philatélique de Decazeville, dont j’ai fait partie, est passé à la maison. J’avais deux classeurs verts sur la table. Je lui propose de regarder pour se faire des idées pour sa propre collection. Il n’était pas question que je vende mes timbres”, raconte-t-il.
Voulant bien faire, le Cransacois finit par lui prêter les documents. “Comme ça, il jetait un coup d’œil. Je le revois encore les deux classeurs à la main, passer dans le couloir. Je l’ai même raccompagné à sa voiture”, soupire-t-il.
Le prêt ne devait durer que quelques jours alors, le 8 janvier, il s’impatiente. “Je ne le voyais plus. Le 10 janvier, je l’appelle, je laisse un message, pas de réponse”. Il n’en aura pas plus à la longue série de coups de fil qu’il passe.
Main courante et conciliation
Le Cransacois décide de déposer une main courante le 23 janvier, afin de garder une trace de cette affaire. De là découle une conciliation le 17 février.
Les deux couples sont réunis. Le mis en cause nie. “Ce qui m’a fait bizarre, c’est que c’est sa femme qui a parlé, lui baissait les yeux. Et elle a dit qu’ils possédaient les mêmes timbres. Comment peut-elle le savoir ? Elle n’était pas venue chez moi”, s’interroge avec lucidité le passionné.
La femme du Cransacois a beau affirmer qu’elle a bien remarqué l’adhérent partir avec les documents, “j’étais dans la chambre, lui ne m’a pas vu”, son témoignage ne constitue pas une preuve.
Une plainte est donc déposée le 26 mars 2026, dans l’espoir que les collections soient restituées. Mais au fil du temps, le Cransacois se désespère. “Ce n’est pas la valeur marchande qui me désole, il y en a pour 600 € environ, ce sont des timbres d’après-guerre. Mais je comptais les transmettre à mes petits-enfants”.
Sentiment de “trahison”
Il y a aussi cet attachement aux collections qu’il a composées depuis sa jeunesse, en pur passionné qu’il est. “J’ai commencé en 1954. À l’époque, il y avait un marchand de timbres à Cransac. J’en ai acheté là, et j’ai continué”. Il rejoint en 1974 l’Amicale philatélique de Decazeville. “J’ai connu cinq présidents dans l’association !”
Surtout, le collectionneur se sent trahi. “J’ai toujours été réglo, rendu des services aux autres. J’ai même été juge aux prud’hommes”. Sa connaissance, au final, il ne la connaissait pas tant que ça. “Il m’emmenait aux réunions philatéliques, j’avais confiance. Il s’est finalement payé”.
Le Cransacois assure qu’il ne ment pas, ni ne perd la tête. “Pourquoi il m’a fait ça ? Qu’il me rende mes timbres, j’en suis malade”, lance-t-il, la voix tremblante.
L’affaire ne semble pas prendre une tournure heureuse pour le vieil homme. Le parquet l’a “classée sans suite, il n’y aura pas de poursuites”, a annoncé le commissariat de police, ce 8 avril 2026. L’enquête n’a rien donné, malgré une perquisition au domicile du mis en cause. “Rien n’a été trouvé, l’homme n’a pas d’antécédents”, déclare le commissariat. Impossible pour la justice de savoir qui dit la vérité ? Une déception pour le Cransacois.

