April 9, 2026

Licencié pour avoir mangé des bonbons qui devaient partir à la poubelle : la justice donne raison à l’employé et ordonne au supermarché de le réintégrer

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Un employé d’un supermarché espagnol avait été viré en mars 2024. Son crime ? Avoir consommé deux bâtonnets de réglisse destinés à la poubelle. Une sanction jugée trop importante selon la justice.

L’affaire a débuté en mars 2024 dans un supermarché Marcadona, en Espagne. Un employé, présent dans l’entreprise depuis 2021, a reçu une lettre de licenciement disciplinaire pour une infraction jugée très grave par l’enseigne : avoir consommé deux bâtonnets de réglisse à la fraise. Ces bonbons provenaient d’un lot de marchandises endommagées, normalement destiné à être jeté. Selon Noticias Trabajo, l’homme avait également offert une boîte de ces produits à l’un de ses collègues.

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La Haute Cour de Justice du Pays Basque, saisie après un premier jugement à Bilbao, a confirmé début avril que la décision était totalement disproportionnée. Les magistrats ont expliqué que la consommation de ces produits n’ayant plus de valeur marchande ne pouvait justifier la sanction maximale. D’après le tribunal, l’entreprise n’aurait tiré aucun profit de ces bonbons et des sanctions bien moins sévères auraient pu être envisagées.

Incohérence majeure

Mercadona s’appuyait sur sa convention collective pour dénoncer une violation de la “bonne foi contractuelle”. L’enseigne rappelait un précédent incident en décembre 2023 concernant des sacs de fête. Pourtant, la justice espagnole a relevé une incohérence majeure : un mois après ce premier fait, l’employé avait obtenu une note de performance de 8,5/10, avec une mention excellente pour son “intégrité”. Pour la Cour, ce constat contredit l’idée d’une perte de confiance irréparable.

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Le licenciement a été déclaré nul et non avenu, notamment car l’employé bénéficiait d’un temps partiel pour s’occuper de son enfant depuis janvier 2024. En l’absence de justification solide, la Cour a souligné la nécessité d’écarter toute discrimination liée à cette situation familiale. Mercadona est désormais contrainte de réintégrer immédiatement le salarié et de lui verser l’intégralité des salaires qu’il n’a pas perçus durant la procédure.

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