Alors que le conflit au Moyen-Orient paralyse l’approvisionnement mondial, la France peut compter sur un matelas de sécurité d’une centaine de jours d’importations. Avec un peu plus de 85 millions de barils stockés dans ses réserves, le pays dispose de ressources supérieures aux obligations internationales pour faire face aux tensions à la pompe.
Les cuves nationales font office de rempart. Bien que la situation sur le front iranien menace durablement les flux énergétiques, la France détient un stock de produits pétroliers stratégique.
Elle dispose actuellement d’un volume total d’un peu plus de 85 millions de barils, ce qui lui permet de tenir une centaine de jours sans aucune importation. Ce niveau dépasse le seuil minimal de 90 jours imposé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Avec la trentaine de pays membres de cette dernière, la France a déjà débloqué, le mois dernier, 14,5 millions de barils pour stabiliser le marché international.
Manosque, le poumon du stockage français
Ces réserves ne dorment pas uniquement sous forme de pétrole brut, qui ne représente qu’un tiers du total, fait remarquer Public Sénat. Pour garantir une distribution rapide, les stocks sont majoritairement composés de produits finis : le gazole en constitue près de la moitié avec 49,8 %, tandis que l’essence représente 9,1 % et le carburant pour l’aviation 7,8 %.
La logistique de ces réserves repose sur 81 sites répartis sur tout le territoire, mais le cœur du système se situe dans le Sud. Entre 30 % et 40 % du stock national est dissimulé dans des cavités salines à Manosque, des réservoirs souterrains géants reliés par pipelines aux raffineries de Fos-sur-Mer. Si ce dispositif rassure, le ministre de l’Économie Roland Lescure rappelle toutefois que les stocks ne peuvent servir que de tampon temporaire et ne remplaceront jamais durablement les flux réguliers de pétrole.

